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RD Congo: 31 morts probables d'Ebola depuis mai dans le nord-est (ministre)

13/09/2012 09:08 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

L'épidémie d'Ebola dans le nord-est de la République démocratique du Congo peut avoir fait jusqu'à 31 morts depuis le mois de mai, selon un nouveau bilan rendu public jeudi par le ministre de la Santé, le Dr Félix Kabange Numbi.

L'état d'épidémie avait officiellement été déclaré mi-août dans la Province orientale (nord-est): 9 morts avaient été enregistrés, presque tous dans la ville d'Isiro, sur 11 cas recensés.

Mais le comité international de coordination technique et scientifique chargé de lutter contre Ebola dans la zone concernée "a procédé par une recherche rétrospective pour recenser les anciens cas", a déclaré à la presse le Dr Kabange Numbi.

Le comité "estime que l'épidémie aurait commencé au mois de mai 2012, et à ce jour 69 cas ont été enregistrés, y compris (dans) le personnel de santé. Plus de la moitié des cas sont survenus avant la déclaration officielle de l'épidémie" le 17 août, a précisé le ministre.

On compte au total 31 décès, dont neuf ont été confirmés comme dûs à l'Ebola par les analyses en laboratoire, et 159 personnes ayant été en contact avec des malades sont actuellement suivies, a-t-il dit.

En outre, 5 patients sont en isolement, "dont un cas confirmé Ebola": une femme enceinte de sept mois et demi qui accouché d'un garçon en vie. Elle lui a donné vie dans un hôpital rural par voie basse -la méthode qui permettait de protéger au mieux la mère et le personnel soignant.

En RDC, "depuis les épidémies de 1976, c'est la première fois que nous avons une femme dont la grosssesse a été préservée et qui accouche. Parce qu'en réalité Ebola et grossesse sont presque incompatibles. Et d'ailleurs au niveau de Isiro, nous avons déjà eu trois cas d'avortement", a souligné le Dr Kabange Numbi.

Selon lui, il existe des "possibilités" d'une "transmission du virus chez l'enfant", mais des examens approfondis n'ont pas encore été réalisés. Autre problème: le bébé est prématuré. "Il est né vivant, mais nous ne pouvons pas prédire sur les chances de survie de cet enfant", a indiqué le Dr Kabange Numbi.

Interrogé sur l'évolution de la maladie, il a assuré que le pic de l'épidémie avait "déjà été atteint" mais il n'a pas pu dire si la situation stagnait ou en était à une "phase descendante".

Le ministère de la Santé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre de Contrôle des Maladies (CDC-Atlanta) et Médecins Sans Frontières (MSF) travaillent en étroite collaboration contre la maladie, qui a par le passé frappé par huit fois la RDC.

Ebola tue entre 25 et 90% des malades, selon l'OMS. En 1995, sa souche "Zaïre", la plus virulente, avait fait plus de 350 victimes dans le Bandundu (ouest). A ce jour, il n'existe ni traitement ni vaccin.

La maladie se transmet par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles (sueur, selles...), par voie sexuelle et par la manipulation sans précaution de cadavres contaminés.

Elle se caractérise par de la fièvre, des vomissements, des coliques abdominales, des diarrhées sanguinolentes et des saignements des gencives.

hab/gib

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