NOUVELLES

Le prix de l'essence devrait baisser au Canada, mais demeurer volatil

13/09/2012 03:42 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST
AFP

OTTAWA - Les automobilistes canadiens connaîtront peut-être un peu de répit après la hausse soudaine du prix de l'essence cette semaine, mais des analystes craignent que l'impact des prix élevés se poursuive au cours des prochains jours, alors que les courtiers en matières premières spéculent sur les plans de relance économique aux États-Unis.

Le prix du litre d'essence devrait diminuer de façon importante après la forte hausse de mercredi, selon le site web TomorrowGasPricesToday, qui suit les variations de prix à la pompe.

Les prix devraient reculer de cinq à sept cents le litre ce vendredi matin, selon les régions, a indiqué Dan McTeague, un ancien député libéral fédéral qui s'occupe du site web de surveillance des prix. Selon lui, la hausse de mercredi est le simple résultat d'une décision des producteurs. M. McTeague note par ailleurs que ces derniers vont sans doute revenir sur leur décision, puisqu'ils ne peuvent justifier une telle augmentation.

«La hausse rapide, sans véritable explication, avait davantage à voir avec le désir des pétrolières canadiennes de réaliser un profit supplémentaire, alors qu'elles forment un véritable monopole», a dit l'ex-député.

«[Les pétrolières] ont clairement décidé d'agir rapidement en prévision de l'annonce de la Réserve fédérale des États-Unis quant à une éventuelle nouvelle ronde de mesures de relance de l'économie américaine.»

De fait, la Fed a annoncé jeudi qu'elle investirait 40 milliards $ US chaque mois pour acheter des obligations adossées à des créances hypothécaires, et ce aussi longtemps que nécessaire. La banque centrale a également indiqué son intention de maintenir les taux d'intérêts à court terme à un niveau plancher record, et ce au moins jusqu'au milieu de 2015, en plus de poser d'autres gestes non conventionnels si l'embauche n'augmente pas.

Les automobilistes devraient cependant s'attendre à d'autres hausses de prix, en raison de la spéculation sur la vigueur des économies américaine et européenne.

Le prix de l'essence a bondi de 13 cents à Montréal, mercredi, pour atteindre 1,53 $ le litre; les prix ont reculé de quelques cents jeudi.

Au-delà des courtiers spéculant sur le marché, M. McTeague met en garde contre le «véritable» problème: la faible capacité de raffinage au Canada, qui pourrait provoquer une pénurie, particulièrement dans l'est du pays.

«Je suis désormais inquiet face à un scénario qui pourrait mener à une crise dans l'Est et dans les Prairies, aussi bien pour l'essence que pour le carburant diesel.»

Selon des analystes, une augmentation de la capacité de raffinage et une stratégie énergétique nationale pourraient réduire les risques de pénurie.

La construction de nouvelles infrastructures pétrolières est une solution encouragée par le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.