NEW YORK, N.Y. - NEW YORK (Sipa) — La Commission de la Santé de New York a interdit jeudi la vente de boissons sucrées et maxi sodas de plus de 47cl dans les restaurants, cinémas et lieux de restauration rapide de la ville, pour lutter contre l'obésité.

La Commission s'est prononcée en faveur d'un projet présenté au printemps par le maire Michael Bloomberg sur ce problème. La proposition vise les boissons et sodas sucrés de plus de 16 onces (47cl), mais pas les boissons comportant plus de 50% de lait, de jus de fruit ni les sodas allégés aux édulcorants.

Elle ne s'applique qu'aux vendeurs ambulants et établissements sous la supervision du Département municipal de la Santé, c'est à dire les restaurants, enceintes sportives, et cinémas. Les épiceries, certains commerces d'alimentation et supérettes relevant de l'Etat et non de la municipalité ne seraient eux pas concernés.

Pour Michael Bloomberg, la consommation de boissons sucrées est le "facteur-clé" de l'épidémie d'obésité. Cette année, a-t-il expliqué lors de divers réunions publiques, environ 5.800 New-Yorkais vont mourir à cause de leur surpoids ou de leur obésité. Lutter contre l'obésité sauve des vies et permettrait d'économiser quatre milliards de dollars (3,1 milliards d'euros) par an, fait valoir la municipalité.

Les sodas, dont la contenance standard aux Etats-Unis est passée de 12 onces (35,3cl) dans les années 80 à 20 onces (59cl) aujourd'hui, constituent "la plus grande source de sucres ajoutées dans notre régime alimentaire", relève le Dr Thomas Farley, commissaire municipal de la Santé.

Selon une étude du Département municipal de la Santé, près de la moitié des habitants de New York consomment un soda par jour. Interdire la vente des bouteilles de 16 onces permettrait dès lors de limiter de 14.600 calories par an l'apport nutritif par rapport à celles de 20 onces, explique-t-il.

La proposition ne fait cependant pas l'unanimité. D'après un sondage publié en août par le New York Times, 60% des 1.026 New-Yorkais interrogés se disent contre. Et depuis que Michael Bloomberg a émis cette idée en mai, un front d'opposants, allant des industriels aux restaurateurs et aux défenseurs des libertés, l'accusent de vouloir instaurer un "Etat nounou", où le gouvernement exercerait un contrôle empiétant sur les libertés individuelles.

Les opposants au projet estiment notamment qu'il faut plutôt s'attaquer à l'obésité en améliorant l'accès à l'éducation physique des jeunes et par des campagnes d'information. Interdire les boissons sucrées, selon eux, n'empêchera pas les gens de grossir, et causera du tort aux petits commerces.

Une association soutenue par les industriels et baptisée "New-Yorkais pour le choix de leurs boissons" affirme avoir recueilli plus de 250.000 signatures contre le projet. Elle envisage une action en justice en cas d'adoption, a précisé son porte-parole, Eliot Hoff.

La proposition a le mérite de relancer le débat, note le médecin nutritionniste Barry Popkin. "Mais ce n'est pas réduire la contenance qui va résoudre seul" le problème de l'obésité, note-t-il, quand des dizaines de milliers de jeunes et adultes continuent par exemple de se gaver de chips ou barres chocolatées.