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L'Union européenne intervient en faveur d'un condamné à mort en Pennsylvanie

13/09/2012 03:25 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

L'Union européenne est intervenue jeudi auprès du gouverneur de Pennsylvanie (est) pour demander la grâce d'un condamné à mort, victime d'abus sexuels dans son enfance, qui doit être exécuté le 3 octobre pour les meurtres de deux de ses agresseurs.

Par la voix de sa délégation aux Etats-Unis, l'Union européenne a lancé "un appel urgent" en faveur de Terry Williams, dans le couloir de la mort depuis 24 ans, peut-on lire dans cette lettre adressée au gouverneur Thomas Corbett.

Son exécution "romprait le moratoire en place de facto dans l'Etat de Pennsylvanie, où la dernière exécution remonte au 6 juillet 1999", écrit François Rivasseau, directeur adjoint de la délégation.

Selon sa défense, il serait même le premier condamné à être mis à mort sans être volontaire, en cinquante ans dans cet Etat.

Terry Williams a été condamné à mort pour un meurtre commis trois mois et demi après sa majorité, alors que la peine capitale ne s'applique pas aux mineurs aux Etats-Unis.

Il a tué, en 1986, un homme soupçonné d'avoir participé aux abus sexuels et physiques qu'il a subis pendant son enfance. Un an plus tôt, à l'âge de 17 ans, il avait tué un autre de ses agresseurs présumés.

"Ce cas est particulièrement alarmant car il semble qu'il ait été agressé sexuellement par la personne qu'il a tuée, un fait qui n'a apparemment pas été pris en compte lors de son procès", a déploré de son côté le Secrétariat général du Conseil de l'Europe dans une lettre distincte adressée au comité des grâces de Pennsylvanie.

"M. Williams a enduré une enfance traumatisante", a poursuivi l'UE dans son propre courrier, qui rappelle son opposition à la peine capitale "en toutes circonstances" et exhorte à son "abolition universelle".

Des organisations de défense des droits de l'homme, des spécialistes de l'enfance et d'anciens jurés au procès ont joint leurs voix à une pétition de 22 anciens procureurs et juges, 34 professeurs de droit, 40 professionnels de santé mentale et 36 responsables religieux, dont l'archevêque de Philadelphie Charles Chaput. Ils réclament que la condamnation à mort de Terry Williams soit commuée en réclusion criminelle à perpétuité.

Dans la pétition, plusieurs jurés au procès ont en outre indiqué que s'ils avaient connu l'histoire de l'accusé, ils l'auraient condamné à la prison à vie sans possibilité de libération.

chv/bdx

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