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L'émissaire international Lakhdar Brahimi attendu à Damas

13/09/2012 05:22 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

Le nouvel émissaire international Lakhdar Brahimi est attendu jeudi pour sa première mission en Syrie, qu'il a jugée d'ores et déjà "extrêmement difficile", après 18 mois d'une guerre dévastatrice.

Quelques heures avant l'arrivée du médiateur qui doit rencontrer le président Bachar al-Assad, le sang continuait de couler notamment à Alep, où 11 personnes ont péri dans un raid aérien sur cette métropole du nord de la Syrie, théâtre d'une bataille acharnée depuis plus d'un mois et demi.

Londres a réaffirmé jeudi que le régime du président Assad, resté sourd aux appels à quitter le pouvoir, est "condamné" et "ne peut pas survivre".

M. Brahimi, dont c'est la première visite depuis sa prise de fonctions début septembre, doit rencontrer jeudi le chef de la diplomatie Walid Mouallem.

Vendredi, il doit s'entretenir avec des membres de l'opposition de l'intérieur, tolérée par le régime et samedi, avec le président syrien, selon la même source.

L'émissaire, qui a succédé à Kofi Annan, avait jugé lundi sa mission "extrêmement difficile", alors que le conflit armé en Syrie ne donne aucun signe de répit.

A Alep, une vidéo diffusée par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) montre des corps, la plupart ensanglantés et certains carbonisés, posés dans des pick-up ou sur le trottoir après un raid sur le quartier de Tariq al-Bab.

Les insurgés, qui avaient annoncé avoir unifié leurs forces militaires dans la métropole, continuaient en outre d'opposer une forte résistance à Alep, malgré les bombardements incessants de leurs bastions par l'armée.

Jeudi, selon des habitants, ils ont avancé à Midane, un quartier stratégique du centre qui ouvre l'accès à la principale place de la cette deuxième ville de Syrie. Les rebelles étaient également engagés dans des combats sur plusieurs autres fronts d'Alep.

La veille, les insurgés ont lancé une attaque spectaculaire à la voiture piégée contre une position de l'armée dans la province voisine d'Idleb (nord-ouest), tuant 18 soldats, selon l'OSDH.

Par ailleurs, un ex-député syrien, Ahmad el-Turk, a été tué abattu par les forces de sécurité qui perquisitionnaient chez lui jeudi à l'aube et ont arrêté son fils, selon l'OSDH, une organisation qui s'appuie sur un large réseau de militants.

En dépit de ces violences qui ne baissent pas en intensité, le régime du président Assad est "condamné", a jugé le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, en visite à Bagdad.

"Nous estimons que le régime d'Assad est condamné, il ne peut pas survivre. Tant de crimes ont été commis que (ce régime) ne devrait pas survivre", a déclaré M. Hague au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien Hoshyar Zebari.

Rien ne permet de croire à une solution proche du conflit, en raison notamment des divergences qui persistent au sein du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, avait de nouveau écarté une intervention militaire occidentale en Syrie en l'absence d'un accord de la Russie et de la Chine, deux pays alliés du régime Assad qui bloquent toute action contre le pouvoir syrien à l'ONU.

Le conflit a fait plus de 27.000 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.

En outre, des dizaines de milliers de personnes ont fui la Syrie vers les pays voisins. Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés enregistrés a dépassé 250.000 personnes.

bur-ram/feb

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