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Libye: "importante avancée" dans l'enquête sur l'attaque du consulat américain

13/09/2012 12:23 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

Le nouveau Premier ministre libyen élu, Moustapha Abou Chagour a annoncé jeudi à l'AFP "une importante avancée" dans l'enquête sur l'attaque du consulat américain à Benghazi qui a coûté la vie à quatre Américains dont l'ambassadeur Chris Stevens.

"Nous avons fait une importante avancée. Nous avons des noms et des photos. Des arrestations ont eu lieu et d'autres sont menées au moment où je vous parle", a déclaré M. Abou Chagour dans sa première interview depuis son élection la veille à la tête du futur gouvernement.

M. Abou Chagour n'a pas donné de détails sur le nombre ou l'éventuelle appartenance des personnes arrêtées.

"Nous ne voulons pas catégoriser ces gens avant qu'on les connaisse avec précision", a ajouté M. Abou Chagour qui garde toujours son poste de vice-Premier ministre jusqu'à la formation du nouveau gouvernement.

L'attaque survenue mardi, jour du 11e anniversaire des attentats du 11-Septembre, a suscité une vague de condamnations internationales, en premier lieu des Etats-Unis, dont le président Barack Obama a demandé la collaboration de Tripoli afin d'arrêter et traduire en justice les auteurs de ces meurtres.

Le consulat américain à Benghazi, complètement détruit après l'attaque, était déserté jeudi, a constaté un photographe de l'AFP.

Aucun enquêteur ni aucun membre des forces de sécurité n'était présent autour du complexe de trois villas abritant le consulat, où le photographe a été autorisé à pénétrer.

Les trois bâtiments étaient calcinés et les meubles détruits. Un fauteuil flottait dans la piscine.

Des traces de balles étaient visibles sur les murs ainsi que des tâches semblant être du sang séché devant l'entrée principale du consulat.

Près d'un an après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, l'attaque a illustré une fois de plus l'incapacité des nouvelles autorités libyennes à assurer la sécurité dans le pays, où les milices armées font la loi.

Les ministères de "l'Intérieur et la Justice ont commencé les investigations et la collecte de preuves et quelques personnes ont été arrêtées", a déclaré auparavant à l'AFP le vice-ministre de l'Intérieur, Wanis al-Charef.

Tripoli a parallèlement annoncé la formation d'une commission d'enquete indépendante sur l'attaque de Benghazi.

Enquête "très compliquée"

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Selon le porte-parole de la Haute commission de sécurité du ministère de l'Intérieur, Abdelmonem al-Horr, l'enquête est "très compliquée" dans la mesure où la foule présente dans le périmètre du consulat n'était "pas homogène". "Il y avait des extrémistes, de simples citoyens, des femmes, des enfants, des criminels", a-t-il ajouté.

Initialement mise sur le compte de manifestants en colère contre une vidéo diffusée sur internet, intitulée "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans") et dénigrant l'islam, l'attaque résulterait plutôt d'une opération coordonnée, selon un responsable américain.

Selon cette source, des extrémistes se sont servis de manifestants protestant contre le film comme d'un "prétexte" pour s'en prendre au consulat avec des armes de petit calibre mais aussi des lance-roquettes.

Le président Obama a appelé les dirigeants d'Egypte et de Libye pour discuter de leur coopération dans le domaine de la sécurité après l'attaque, a indiqué jeudi la Maison Blanche.

M. Obama, qui s'est entretenu avec le président du Congrès national général libyen, Mohamed al-Megaryef, "lui a indiqué qu'il appréciait la coopération du gouvernement et du peuple libyens avec les Etats-Unis, après cette scandaleuse attaque", a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué séparé.

Le président américain "a fait clairement savoir" à son interlocuteur "que nous devons travailler de concert et faire tout le nécessaire pour identifier les auteurs de l'attaque et les traduire en justice", a-t-elle ajouté.

M. Megaryef avait présenté mercredi ses excuses aux Etats-Unis et pointé du doigt à la fois les partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi et Al-Qaïda après l'attaque à Benghazi, considéré comme un fief des islamistes radicaux.

Le film controversé a provoqué des heurts jeudi devant l'ambassade américaine au Caire ainsi qu'au Yémen, où un manifestant a été tué lors de manifestations devant l'ambassade américaine à Sanaa.

Il a été dénoncé jeudi par la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton comme "une vidéo écoeurante et condamnable" avec laquelle le gouvernement américain "n'a absolument rien à voir".

bur-ila/hj

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