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Le président égyptien promet de protéger les ambassades

13/09/2012 06:21 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

LE CAIRE/BRUXELLES (Sipa) — Le président égyptien Mohammed Morsi a promis jeudi de protéger les ambassades, tandis qu'au Caire plusieurs centaines de personnes ont protesté contre un film islamophobe qui enflamme le monde arabo-musulman depuis deux jours.

En visite à l'Union européenne à Bruxelles, le président Morsi a souligné qu'il s'était entretenu avec Barack Obama et a condamné "dans les termes les plus clairs" l'attaque du consulat américain mardi soir à Benghazi, dans l'est de la Libye, dans laquelle quatre Américains sont morts, dont l'ambassadeur.

Les Egyptiens rejettent les "actions illégales", a assuré le chef de l'Etat, issu du mouvement islamiste des Frères musulmans. "Nous condamnons fermement (...) tous ceux qui se livrent à de telles provocations et qui sont derrière cette haine", a-t-il ajouté lors de son premier déplacement en Occident.

Jeudi, au Caire, pour la troisième journée consécutive, des affrontements opposaient la police anti-émeute à des manifestants près de l'ambassade des Etats-Unis. La foule a franchi les murs d'enceinte mercredi pour déchirer le drapeau américain et le remplacer brièvement par un drapeau noir islamiste. Des pierres ont volé et la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, tenue cette fois à distance de l'enceinte diplomatique.

Le ministère de l'Intérieur a fait état de 16 blessés parmi les manifestants et 13 du côté des policiers, ajoutant que 12 contestataires avaient été arrêtés.

Les Egyptiens n'ont plus accès sur Internet à la bande-annonce de 14 minutes du film à l'origine des manifestations de ces derniers jours, "Innocence of Muslims" ("innocence des musulmans'), le site de partage de vidéos YouTube en ayant bloqué la diffusion dans ce pays mercredi soir.

A Bruxelles, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré que l'Union européenne était disposée à fournir 500 millions d'euros d'aide à l'Egypte pour soutenir la consolidation de la démocratie dans ce pays.

Elu en juin, Mohammed Morsi a succédé à Hosni Moubarak, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 29 ans avant d'être renversé par un soulèvement populaire en février 2011, dans le sillage de la Tunisie d'où est parti le mouvement de démocratisation du "Printemps arabe". Il souhaite obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars (3,7 milliards d'euros) du Fonds monétaire international (FMI) pour mener des réformes structurelles et redresser l'économie égyptienne mais cette somme pourrait s'avérer insuffisante.

st/AP-v265

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