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Le métro de Montréal : galerie d'art souterraine

13/09/2012 05:12 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Comptant plus d'une centaine d'oeuvres d'art dans son réseau et des stations à l'architecture unique, le métro de Montréal est une véritable galerie d'art souterraine.

Dès sa construction au début des années 1960, on décide d'en faire l'un des plus beaux métros au monde. Le maire Jean Drapeau et le directeur de l'urbanisme Claude Robillard proposent qu'on y installe des oeuvres d'art et qu'un architecte différent réalise chaque station.

En avance sur son temps, Bernard Beaupré, conseiller technique au sein du comité de coordination du métro, propose en 1963 qu'une partie du budget de construction de chaque station soit allouée à l'art. Son idée n'est pas retenue et on décide plutôt de trouver des mécènes, compagnies et organismes, qui financeront les oeuvres.

Le « livre d'images » de LaPalme

En 1965, le peintre et caricaturiste Robert LaPalme devient le premier directeur artistique du métro. Son but : se servir de l'art pour illustrer l'histoire de Montréal comme dans un « livre d'images ». Grand amateur d'art figuratif, il considère que l'art abstrait n'a pas sa place dans le métro.

Don de la société Steinberg, la première oeuvre est inaugurée à la station Place-des-Arts en 1967, un an après l'ouverture du métro. Il s'agit d'une verrière de Frédéric Back qui retrace l'histoire de la musique à Montréal. Plusieurs autres oeuvres sont installées au cours des mois suivants. Le gouvernement du Québec, la Société Saint-Jean-Baptiste et les Caisses populaires Desjardins font aussi partie des mécènes de l'époque.

Un directeur artistique controversé

Si l'apport de Robert LaPalme à l'art public québécois est reconnu, son rejet de l'art abstrait provoque une levée de boucliers chez les artistes. Plusieurs d'entre eux, dont Guido Molinari, Mario Merola et Marcelle Ferron, écrivent une lettre de protestation au maire Drapeau.

Le fils de Robert LaPalme se rebelle en créant une verrière incorporant des éléments d'art abstrait à la station Berri-UQAM, Hommage aux fondateurs de la ville de Montréal. Il adopte même le pseudonyme Pierre Gaboriau pour ne pas être identifié à son père.

Apparition de l'art abstrait

Robert LaPalme ne change pas d'idée, mais deux oeuvres abstraites font tout de même leur apparition durant son mandat.

Les cercles de l'automatiste Jean-Paul au métro Peel sont parmi des seules oeuvres d'art intégrées dans l'architecture d'une station du réseau initial. Ils ont été commandés par la firme d'architectes qui a dessiné la station et non par Robert LaPalme.

Après une longue bataille, le directeur artistique se fait finalement imposer par le maire Drapeau une oeuvre abstraite. Il s'agit du vitrail d'une autre automatiste, Marcelle Ferron, à la station Champ-de-Mars.

L'arrivée de ces deux oeuvres témoigne de la révolution artistique qui bouleverse le Québec à l'époque et qui s'apprête à envahir le métro.

Un vent nouveau

Au début des années 1970, Robert LaPalme et la Ville de Montréal perdent le contrôle de la direction de l'art dans le métro. Le choix des artistes revient dorénavant à l'architecte de chaque station, qui aura la responsabilité d'intégrer art et architecture dès la conception de la station.

Avec la politique du 1 %, les mécènes ne sont plus nécessaires, car environ 1 % du coût de construction des édifices publics - dont le métro - revient à l'art.

Le nouveau conseiller artistique lors du prolongement du métro dans les années 1970-1980 n'est nul autre que l'artiste Jean-Paul Mousseau. Sous son règne, l'art abstrait est bienvenu. Sculpture motorisée, grille musicale, structure lumineuse; les oeuvres se font plus variées et les artistes ont maintenant carte blanche.

L'architecture des nouvelles stations est également différente : plus ouverte, plus lumineuse et mieux ventilée. Le mobilier (mains courantes, grilles, bancs, etc.) est souvent intégré aux oeuvres.

L'art dans le métro aujourd'hui

La galerie du métro continue à s'enrichir au cours des années, mais aujourd'hui, les efforts sont surtout concentrés sur l'identification des oeuvres pour le public et la mise en valeur des oeuvres déjà présentes plutôt que sur l'ajout de nouvelles. Après tout, les usagers du métro ne sont pas toujours au courant qu'ils côtoient chaque jour les oeuvres de certains des plus grands artistes du Québec.

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Recherche et rédaction : Audrey Bourget

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