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Le dirigeant sudiste en exil Ali Salem al-Baid décide de rentrer au Yémen

13/09/2012 10:16 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

Le dirigeant sudiste yéménite en exil Ali Salem al-Baid a annoncé jeudi à l'AFP qu'il avait pris la décision de revenir dans son pays afin de réclamer l'indépendance du sud du Yémen.

"Mon retour à Aden (principale ville du sud du Yémen) est une question de temps et est lié à des concertations avec les dirigeants du Mouvement sudiste à l'intérieur", a affirmé M. Al-Baid joint au téléphone à Beyrouth.

Le dirigeant sudiste vit en exil depuis 18 ans. Il avait quitté Aden après que les troupes nordistes eurent écrasé une brève tentative de sécession des sudistes, quatre ans après l'unification du pays.

M. Al-Baid a minimisé les divergences au sein du Mouvement sudiste, qui tient un congrès à Aden le 30 septembre.

Selon lui, toutes les tendances du mouvement sont "pour un désengagement avec le nord", terme employé par les sudistes pour désigner la sécession, et refusent une formule fédérale.

L'ancien vice-président a affirmé que le nouveau chef de l'Etat, Abd Rabbo Mansour Hadi, lui-même originaire du sud, avait "une occasion historique" de gagner la confiance des sudistes en "appuyant leur revendication" pour redevenir un Etat indépendant.

Il a cependant affirmé que la principale condition pour participer au dialogue national qui doit s'ouvrir à l'automne est "qu'il soit un dialogue d'Etat à Etat entre le nord et le sud, sous la supervision de l'ONU ou de la Ligue arabe".

Il a également réclamé comme condition préalable "le retrait" par Sanaa "de toutes les unités militaires et des milices" présentes dans le sud du Yémen, "la libération des détenus et l'annulation des peines à l'encontre des politiciens et des journalistes sudistes".

Le dialogue national doit englober en principe toutes les formations yéménites, dans le cadre de l'accord de transition ayant permis le départ du président contesté Ali Abdallah Saleh.

Le sud était un Etat indépendant jusqu'à l'unification du pays 1990. Mais en 1994, M. Al-Baid a conduit une brève tentative de sécession en raison de divergences avec Sanaa, qui a été matée par la force par les troupes nordistes appuyées par les islamistes.

M. Al-Baid a affirmé dans ce cadre que "le problème d'Al-Qaïda dans le sud est lié à la poursuite de l'occupation" nordiste.

"Le sud n'a connu le terrorisme qu'avec l'entrée des forces d'occupation en 1994, lorsque des forces terroristes ont participé aux côtés de l'armée nordiste à l'invasion du sud", a-t-il dit, ajoutant "qu'Al-Qaïda est une fabrication du régime de Sanaa".

L'ancien président Ali Abdallah Saleh a été accusé par ses détracteurs d'encourager en sous-main Al-Qaïda, et d'avoir livré des parties du sud au réseau afin d'alimenter l'instabilité lors de l'insurrection populaire qui a abouti à son départ en février dernier.

wak-at/feb

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