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La Fed dépensera 40 milliards $ US par mois pour stimuler l'économie américaine

13/09/2012 12:41 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - La Réserve fédérale des États-Unis a annoncé jeudi un imposant programme pour relancer l'économie américaine et faire reculer le taux de chômage. La banque centrale s'est engagée à dépenser 40 milliards $ US par mois pour acheter des titres adossés à des créances hypothécaires, aussi longtemps que nécessaire.

La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a réagi en bondissant de plus de 200 points, atteignant son plus haut niveau depuis le début de la Grande Récession. Elle a terminé la journée à 13 540 points.

La Fed a en outre signifié qu'elle entendait laisser ses taux d'intérêt à court terme à leur faible niveau historique actuel — près de zéro — jusqu'à la mi-2015, soit six mois plus tard qu'elle ne l'avait précédemment prévu. Elle a finalement indiqué qu'elle était prête à entreprendre d'autres mesures, même une fois que l'économie aura commencé à s'améliorer en vertu de sa «politique monétaire grandement accommodante».

«L'idée, c'est d'accélérer la reprise», a expliqué le président de la Fed, Ben Bernanke, lors d'une conférence de presse suivant l'annonce de la banque.

M. Bernanke a clairement indiqué que l'économie aurait aussi besoin de l'aide de la Réserve fédérale même une fois que la reprise se sera raffermie, estimant que la situation de l'emploi au pays «reste une inquiétude grave». Selon les nouvelles prévisions de la Fed, le taux de chômage, aujourd'hui de 8,1 pour cent, ne descendra pas sous la barre des huit pour cent cette année.

L'intervention de jeudi montre comment l'économie américaine reste stagnante plus de trois ans après la fin de la Grande Récession. Les membres du comité politique de la Fed ont annoncé ces mesures au terme d'une rencontre de deux jours.

À moins de huit semaines de l'élection présidentielle américaine, l'économie est l'enjeu le plus important pour la majorité des électeurs. Un porte-parole du candidat républicain Mitt Romney a estimé jeudi que les mesures annoncées par la Fed confirmaient une fois de plus «que les politiques du président Barack Obama n'avaient pas fonctionné».

Questionné sur l'impact que pourraient avoir les mesures de la Fed sur l'issue de l'élection, M. Bernanke a déclaré: «Nous prenons nos décisions en nous fiant entièrement sur l'état de l'économie (...) Nous ne tenons tout simplement pas compte de ces éléments.»

Le nouveau programme de la Fed n'est pas accompagné d'une cible économique précise. «Nous recherchons une amélioration soutenue du marché de l'emploi», a précisé M. Bernanke. «Nous n'avons pas de chiffre précis en tête. Mais ceux que nous avons vu ces six derniers mois ne le sont pas.»

La banque centrale a aussi réduit ses perspectives pour les États-Unis et ne s'attend plus qu'à une croissance maximale de deux pour cent pour l'année en cours. C'est bien moins que sa prévision de 2,4 pour cent émise en juin. La Fed croit cependant que l'économie pourrait accélérer l'an prochain et afficher une croissance de trois pour cent.

La déclaration de la Réserve fédérale a été approuvée par un vote de 11 contre 1. La seule voix dissidente a été celle du président de la Fed de Richmond, Jeffrey Lacker, qui s'inquiète d'une possible hausse de l'inflation.

Depuis la crise financière de 2008, la Réserve fédérale a acheté 2000 milliards $ US en bons du Trésor et en titres adossés à des créances hypothécaires.

Les plus sceptiques ont averti que de tels achats obligataires pourraient n'avoir que de faibles effets positifs. Les taux sont déjà près de creux historiques.

Ces critiques préviennent aussi que ces nouveaux achats font augmenter le risque de voir une plus forte inflation dans l'avenir.

Malgré tout, certains économistes croient que la Fed pourrait poursuivre ses achats obligataires de 40 milliards $ US par mois pendant jusqu'à trois ans. Pour certains analystes, le retour à un taux de chômage sous la barre des sept pour cent, vers un taux «normal» de six pour cent ou moins, n'aura pas lieu avant cette période de trois ans.

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