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Immigration: le chef de la diplomatie tunisienne à Lampedusa

13/09/2012 10:00 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

Le chef de la diplomatie tunisienne Rafik Abdessalem s'est rendu jeudi sur l'île italienne de Lampedusa à la suite de la mort de dizaines de migrants tunisiens dans un naufrage, et s'est entretenu avec son homologue italien sur la question de l'immigration clandestine.

"Le sujet principal abordé avec le ministre italien (Giulio Terzi) a été celui de nos jeunes portés disparus en mer et nous avons souligné la nécessité de continuer les recherches afin de les trouver", a déclaré depuis Lampedusa M. Abdessalem au micro de la radio tunisienne Mosaïque FM.

La visite du ministre en Italie intervient moins d'une semaine après le naufrage le 7 septembre au large de cette île d'une embarcation avec 110 personnes à bord et dont seulement 56 ont pu être sauvées.

"Le sujet de l'immigration clandestine a été aussi au menu de nos discussions (...) et nous avons bien indiqué que ne nous sommes pas contents de voir nos jeunes rallier l'autre rive de la méditerranée", a souligné le ministre tunisien.

Selon l'agence officielle tunisienne TAP, M. Abdessalem devait évoquer la question des migrants clandestins avec son homologue italien et la ministre de l'Intérieur Annamaria Cancellieri.

Le sujet a été évoqué par le président tunisien Moncef Marzouki et le Premier ministre Hamadi Jebali, qui ont discuté des moyens "pour lutter contre ce phénomène" à l'origine de "plusieurs tragédies humaines", selon la présidence.

Le gouvernement tunisien, dominé par le parti islamiste Ennahda, a mis deux jours à réagir au drame du 7 septembre et été très critiqué dès lors par la presse, des ONG et l'opposition qui voit dans la poursuite de l'émigration la preuve de l'échec de la politique économique des autorités.

Les médias tunisiens autrefois discrets sur les drames en mer de l'immigration clandestine --sujet quasiment tabou sous l'ancien régime de Ben Ali-- ont consacré de larges espaces au naufrage.

"Les passagers clandestins c'est un phénomène très ancien. Il y a des milliers de personnes qui ont perdu leur vie. Chaque jour, nous sauvons des vies grâce à la garde nationale, qui a arrêté aussi des centaines de passeurs", a réagi pour sa part le ministre tunisien de l'Intérieur, Ali Larayedh, à l'antenne de la chaîne de télévision France 24.

Une quinzaine de proches des victimes ont par ailleurs défilé sur l'avenue Bourguiba de Tunis jeudi midi, certains portant des portraits des défunts, pour réclamer le rapatriement au plus vite des corps.

Le président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), Abderrahmane Hedhili, a estimé mercredi sur les ondes de radio Mosaïque à quelque 40.000 le nombre de Tunisiens à avoir émigré clandestinement depuis la révolution de janvier 2011 et à 2.080 le nombre de disparus.

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