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Hollande assure que tout est fait pour faire libérer des otages au Sahel

13/09/2012 07:42 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

Le président François Hollande a assuré jeudi que "tout est fait avec la plus grande détermination" pour obtenir la libération de quatre otages français enlevés au Niger par Al-Qaïda il y a près de deux ans et dont il a reçu les familles.

Il a reçu une douzaine de membre des familles pendant plus d'une heure en présence du ministre de Affaires étrangères Laurent Fabius, leur a exprimé "la solidarité de la nation" et les a assurés, selon un communiqué, "de la pleine mobilisation de l'Etat pour obtenir la libération de leurs proches".

Daniel Larribe, Pierre Legrand, Marc Féret et Thierry Dole, salariés du groupe nucléaire français Areva et de son sous-traitant Atom, ont été enlevés le 16 septembre 2010 à Arlit (nord du Niger) et sont aux mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Sahel.

Une vidéo diffusée ce week-end et datée du 29 août les montre en vie demandant au gouvernement, à leur employeur et à leurs proches de faire le "maximum" pour obtenir leur libération.

Rien n'a filtré de la rencontre à l'Elysée sur l'état des négociations ou les exigences financières des ravisseurs.

"Nous sommes évidemment tenus d'en dire le moins possible", a déclaré un parlementaire y ayant participé, Maurice Antiste, sénateur de la Martinique (dans les Antilles françaises) d'où est originaire Thierry Dole. "Nous préférons attendre et être discrets", a-t-il insisté.

Dans un récit publié vendredi par Albin Michel, le journaliste Hervé Ghesquière, otage en Afghanistan pendant "547 jours", titre de son ouvrage, rappelle que les affaires d'otages français sont traitées par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

"LA DGSE négocie et il y a une interaction permanente avec le politique", selon l'ex-chef de la diplomatie Alain Juppé, cité par l'auteur.

A propos du silence entretenu sur ces affaires, synonyme d'efficacité selon le Quai d'Orsay, le même Alain Juppé estime que "la médiatisation est utile". "Cela crée un contexte de pression politique sur l'appareil d'Etat. Cela accentue la mobilisation" et "la pression sur les décideurs". "J'ai dû dire le contraire quand j'étais au Quai d'Orsay", a-t-il précisé à Hervé Ghesquière.

Sur la question des rançons, dont la France, à la différence d'autres pays comme la Grande-Bretagne, s'acquitte souvent tout en affirmant officiellement qu'elle n'en paye pas, Hervé Ghesquière cite Nicolas Sarkozy, affirmant: "Pour moi, ça n'a jamais été un problème. L'argent on sait faire".

Dans l'affaire Ghesquière, les talibans avaient demandé la libération de 100 combattants, un chiffre réduit finalement à deux. Pour la rançon, jusqu'à 10 millions d'euros sont évoqués par le journaliste sans précision sur la somme finalement déboursée.

Le gouvernement socialiste estime de son côté que "parler des otages fait monter les enchères". Il vaut mieux négocier "dans le silence", souligne-t-on à Paris.

Dans son communiqué, Français Hollande assure également que la mobilisation du gouvernement est totale pour deux autres otages français, enlevés au Sahel le 24 novembre 2011, et un agent des services secrets français retenu en Somalie depuis le 14 juillet 2009.

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