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Coupes au fédéral: 1600 fonctionnaires avisés que leur emploi est en danger

13/09/2012 12:47 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

OTTAWA - Peut-on couper des milliers d'emplois dans la fonction publique fédérale sans affecter les services de première ligne à la population? Non, répondent en coeur syndicats et opposition officielle, tandis que le gouvernement de Stephen Harper assure le contraire.

Plus de 1600 fonctionnaires fédéraux ont reçu à leur tour jeudi la lettre tant redoutée leur annonçant que leur poste pourrait être aboli.

Des syndicats ont confirmé qu'une nouvelle ronde de congédiements potentiels avait été mise en oeuvre et ont du même coup dénoncé le silence du gouvernement sur l'impact de ces coupes sur les services aux citoyens.

Ressources humaines et Développement des compétences (RHDDC) est touché de plein fouet. Près de 600 (589) membres de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) travaillant pour ce ministère ont reçu l'avis les informant que leur emploi était en danger. À cela s'ajoutent 900 professionnels du même ministère qui ont reçu une lettre semblable, de même que 149 personnes travaillant pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le gouvernement de Stephen Harper a de plus annoncé, jeudi en fin d'après-midi, la mise sur pied d'un sous-comité du cabinet chargé de se pencher sur l'administration publique afin «d'améliorer les services offerts aux Canadiens, de réaliser des économies opérationnelles et d'accroître la productivité interne».

«Le sous-comité cherchera à déterminer s'il est possible d'apporter d'autres améliorations sensées au gouvernement», a déclaré M. Harper par voie de communiqué, disant vouloir «éliminer des dépenses superflues».

Ce sous-comité sera présidé par Tony Clement, président du Conseil du trésor.

Les représentants syndicaux se demandent comment les services aux Canadiens pourraient être épargnés avec de telles compressions, d'autant que plusieurs fonctionnaires ayant reçu un avis jeudi travaillent directement dans la prestation de services à la population.

Heather Miller, présidente d'une unité locale du Syndicat de l'emploi et de l'immigration du Canada, assure que les compressions se traduiront inévitablement par de plus grands délais pour répondre aux requêtes des citoyens.

«Ils verront ce qu'ils commencent déjà à voir en termes de délais: des délais pour le traitement de leurs demandes et pour s'enquérir du statut de leur dossier», a-t-elle expliqué.

De l'avis de Mme Miller, cela vaudra tant pour l'assurance-emploi que pour les prestations de retraite, le programme de sécurité de la vieillesse et le supplément de revenu garanti.

Ces changements sont déjà perceptibles dans le traitement des demandes pour avoir accès à l'assurance-emploi, a avancé la députée néo-démocrate Nycole Turmel. Selon elle, alors que le délai normal tournait auparavant autour de trois à quatre semaines, ce dernier frise désormais 12 semaines.

Les compressions déjà entamées sont à blâmer pour ces délais, a-t-elle soutenu. «Ça affecte le milieu de travail, ça affecte le service, ça affecte la famille, ça affecte l'économie de la région (d'Ottawa-Gatineau)», a déploré Mme Turmel.

Au bureau de la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, on offre un autre son de cloche.

«Les changements annoncés aux employés aujourd’hui n'affectent pas les services de première ligne aux Canadiens», a écrit dans un courriel la directrice des communications de la ministre, Alyson Queen.

Elle a indiqué que le ministère allait réduire les «dédoublements et l'administration non nécessaire» dans le secteur des technologies de l'information (TI).

«Ceci nous permettra de normaliser nos systèmes et de réduire le soutien requis en TI — tout en maintenant les services rendus au ministère et aux Canadiens», a-t-elle ajouté.

Des 5000 personnes issues du ministère des Ressources humaines qui ont reçu cette année un avis, environ 2000 perdront dans les faits leur emploi, a estimé Steve McCuaig, vice-président du Syndicat de l'emploi et de l'immigration du Canada.

Il a cependant dit croire que les lettres reçues jeudi seront les dernières avant le prochain budget du ministre des Finances Jim Flaherty.

Dans son budget 2012, le gouvernement conservateur avait annoncé l'abolition au total de 19 200 postes sur trois ans.

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