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Automobile : les TCA prêts à des concessions majeures?

13/09/2012 08:19 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

Alors que la date butoir de lundi approche à grands pas dans les négociations contractuelles entre les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) et Ford, General Motors et Chrysler, le syndicat laisse entendre qu'il pourrait finalement accepter une réduction du salaire des nouveaux employés.

Les TCA confirment qu'ils étudient la requête patronale de sabrer le taux horaire actuel de 24 $ l'heure pour les nouveaux employés. Le salaire de ces travailleurs pourrait, par ailleurs, demeurer inférieur à celui des employés existants durant 10 ans, plutôt que 6, actuellement.

Au début des négociations en août, le président des TCA, Ken Lewenza, avait pourtant affirmé qu'il refuserait un tel système de paie à deux vitesses, même si les travailleurs américains de l'automobile l'avaient déjà accepté.

Le constructeur Ford, par exemple, fait valoir que son taux horaire moyen au Canada dépasse de 6 $ celui de ses usines américaines.

Le système de paie à deux vitesses et les clauses orphelin visent à protéger les acquis des travailleurs déjà en poste sur le dos des nouveaux employés. Cette stratégie de concession patronale-syndicale est de plus en plus répandue dans le monde du travail.

La convention collective des TCA vient à échéance le 17 septembre.

Faute d'une entente d'ici là, le syndicat a menacé de débrayer simultanément dans les usines des trois constructeurs au pays, du jamais vu pour les TCA.

Mercredi, le syndicat a fait savoir que les pourparlers s'accéléraient entre les deux parties. Les TCA ont affirmé dans le passé que les constructeurs voulaient abolir l'indexation des salaires et la possibilité d'une retraite après 30 ans de service.

Négociations difficiles

Les TCA font face à des négociations difficiles avec les trois grands de l'auto américains. Ceux-ci refusent de bonifier les conditions de travail des employés, à moins de concessions équivalentes à l'intérieur des nouvelles conventions collectives.

Pour sa part, le syndicat soutient que, maintenant que GM, Chrysler et Ford font des profits, les travailleurs devraient en bénéficier, car leurs concessions ont aidé les trois grands à éviter la faillite en 2009.

Les constructeurs américains répondent qu'ils doivent demeurer concurrentiels par rapport à leurs rivaux asiatiques, comme Toyota et Honda.

Plusieurs analystes pensent eux aussi que la situation financière de GM, Ford et Chrysler demeure précaire et qu'une grève des TCA pourrait tuer leur reprise dans l'oeuf.

Les TCA ne peuvent plus compter sur la faiblesse du huard, dont la valeur dépasse maintenant celle du dollar américain, pour être concurrentiels.

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