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Armes nucléaires: l'AIEA réprimande l'Iran pour son manque de coopération

13/09/2012 05:39 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

VIENNE, Autriche - L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de l'ONU a réprimandé l'Iran, jeudi, en raison de son refus de prouver que son programme nucléaire ne vise pas à développer des armes, un geste interprété par les États-Unis comme un signe que la pression internationale sur Téhéran s'intensifie.

Parmi les 35 pays membres de l'AIEA, seul Cuba a voté contre la résolution présentée par les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne. L'Équateur, la Tunisie et l'Égypte se sont abstenus alors que les 31 autres pays se sont tous prononcés en faveur de la proposition.

L'Iran nie avoir l'intention de se doter d'armes nucléaires. Elle a toutefois refusé de se plier aux exigences des Nations unies et de l'AIEA, qui lui ont demandé de mettre fin aux activités qui pourraient lui permettre de fabriquer de telles armes et de laisser des enquêteurs faire la lumière sur son programme nucléaire.

Robert Wood, le chef de la délégation américaine à l'AIEA, a dit espérer que le solide appui de l'agence à la résolution convaincrait la République islamique de répondre aux demandes de la communauté internationale en montrant qu'elle n'a aucun intérêt pour les armes nucléaires.

Mais la résolution a toutefois ses limites puisque l'AIEA n'a pas les moyens de la faire respecter. Le gouvernement iranien pourrait donc en faire fi, tout comme il ignore les sanctions décrétées par le Conseil de sécurité de l'ONU et d'autres mesures de plus en plus sévères mises en place pour l'obliger à coopérer.

Téhéran semblait d'ailleurs peu impressionnée jeudi. Le chef de la délégation iranienne à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a déclaré que la pression exercée sur l'Iran n'était le fait que de quelques pays occidentaux, particulièrement les États-Unis, qui voulaient transformer l'agence en «police des Nations unies» tentant de percer les secrets de la sécurité nationale des pays.

En raison de son caractère symbolique, le document ne parviendra probablement pas à convaincre Israël que les efforts diplomatiques pour résoudre la crise fonctionnent. Pour l'État hébreu, l'Iran représenterait une menace mortelle si elle possédait des armes nucléaires puisqu'elle a souvent appelé à la destruction d'Israël.

La République islamique a insisté sur le fait que son programme nucléaire n'avait que des objectifs pacifiques, mais elle a refusé d'accepter le carburant offert par la communauté internationale pour ses réacteurs si elle cessait d'en produire elle-même en enrichissant de l'uranium, un procédé qui peut aussi servir à fabriquer des ogives nucléaires.

L'AIEA soupçonne également Téhéran de développer des armes nucléaires en catimini, mais cette dernière soutient qu'il s'agit d'allégations inventées de toutes pièces par les États-Unis et Israël.

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