Les autorités libyennes ont annoncé jeudi avoir arrêté des suspects dans le cadre de l'enquête sur l'attaque contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, qui a coûté la vie à quatre Américains dont l'ambassadeur Chris Stevens, et dans laquelle Al-Qaïda serait impliqué.

Cette attaque survenue mardi, jour du 11e anniversaire des attentats du 11-Septembre, a suscité une vague de condamnations internationales, en premier lieu des Etats-Unis, dont le président Barack Obama a demandé la collaboration de Tripoli afin d'arrêter et traduire en justice les auteurs de ces meurtres.

Près d'un an après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, elle a illustré une fois de plus l'incapacité des nouvelles autorités libyennes à assurer la sécurité dans le pays, où les milices armées font la loi.

Les ministères de "l'Intérieur et la Justice ont commencé les investigations et la collecte de preuves et quelques personnes ont été arrêtées", a déclaré à l'AFP le vice-ministre de l'Intérieur, Wanis al-Charef.

Le responsable a refusé toutefois de fournir des détails sur le nombre ou l'éventuelle appartenance des suspects arrêtés, "pour ne pas entraver le bon déroulement de l'enquête".

Plus tôt, le porte-parole de la Haute commission de sécurité du ministère de l'Intérieur, Abdelmonem al-Horr, a annoncé la formation d'une commission indépendante pour enquêter sur l'attaque. Celle-ci sera présidée par un juge et regroupe des "experts" des ministères de la Justice et de l'Intérieur.

Enquête "très compliquée"

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Selon le porte-parole, l'enquête est "très compliquée" dans la mesure où la foule présente dans le périmètre du consulat n'était "pas homogène". "Il y avait des extrémistes, de simples citoyens, des femmes, des enfants, des criminels", a-t-il ajouté.

Initialement mise sur le compte de manifestants en colère contre une vidéo diffusée sur internet, intitulée "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans") et dénigrant l'islam, l'attaque résulterait plutôt d'une opération coordonnée, selon un responsable américain.

Selon cette source, des extrémistes se sont servis de manifestants protestant contre le film comme d'un "prétexte" pour s'en prendre au consulat avec des armes de petit calibre mais aussi des lance-roquettes.

"Il y a des détails encore assez flous, mais clairement on a la signature d'Al-Qaïda", a estimé de son côté Mike Rogers, président républicain de la commission du renseignement au Congrès américain, sur la chaîne CNN.

Le président Obama a appelé les dirigeants d'Egypte et de Libye pour discuter de leur coopération dans le domaine de la sécurité après l'attaque, a indiqué jeudi la Maison Blanche.

M. Obama, qui s'est entretenu avec le président du Congrès national général libyen, Mohamed al-Megaryef, "lui a indiqué qu'il appréciait la coopération du gouvernement et du peuple libyens avec les Etats-Unis, après cette scandaleuse attaque", a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué séparé.

Le président américain "a fait clairement savoir" à son interlocuteur "que nous devons travailler de concert et faire tout le nécessaire pour identifier les auteurs de l'attaque et les traduire en justice", a-t-elle ajouté.

M. Megaryef avait présenté mercredi ses excuses aux Etats-Unis et pointé du doigt à la fois les partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi et Al-Qaïda après l'attaque à Benghazi, considéré comme un fief des islamistes radicaux.

La marine américaine a envoyé par ailleurs deux navires vers les côtes libyennes, "simplement par mesure préventive", selon un haut gradé américain, après la décision de Washington d'envoyer une équipe d'une cinquantaine de Marines spécialisés dans la lutte antiterroriste en Libye.

Malgré tout, l'Assemblée nationale libyenne a élu mercredi soir le vice-Premier ministre du gouvernement sortant, Moustapha Abou Chagour, chef du nouveau gouvernement de transition. Sa principale tâche sera justement de mettre en place une armée et une police professionnelles pour faire face à l'escalade des violences.

La vidéo polémique a provoqué des heurts jeudi devant l'ambassade américaine au Caire ainsi qu'au Yémen, où un manifestant a été tué dans des heurts devant l'ambassade américaine à Sanaa.

Les images compilées par nos collègues du HuffPost américain:
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  • A burnt out vehicle sits smoldering in flames after it was set on fire inside the US consulate compound in Benghazi, late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • A broken window after an attack on the U.S. Consulate by protesters in Benghazi, Libya, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • The U.S. Consulate after an attack by protesters in Benghazi, Libya, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A burnt car is seen after an attack on the U.S. Consulate by protesters in Benghazi, Libya, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • Soot and debris spills out of the U.S. Consulate after an attack by protesters in Benghazi, Libya, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A man looks at documents at the U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. The graffiti reads, "no God but God," " God is great," and "Muhammad is the Prophet." (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A man walks on the grounds of the U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • Glass, debris and overturned furniture are strewn inside a room in the gutted U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A man walks through a room in the gutted U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • Libyans walk on the grounds of the U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • Libyans walk on the grounds of the gutted U.S. consulate in Benghazi, Libya, after an attack that killed four Americans, including Ambassador Chris Stevens, Wednesday, Sept. 12, 2012. (AP Photo/Ibrahim Alaguri)

  • A vehicle and the surrounding area are engulfed in flames after it was set on fire inside the US consulate compound in Benghazi, late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • An armed man waves his rifle as buildings and cars are engulfed in flames after being set on fire inside the US consulate compound in Benghazi, late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • A vehicle burns after it was set on fire inside the US consulate compound in Benghazi late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • A vehicle sits smoldering in flames after being set on fire inside the US consulate compound in Benghazi late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • A vehicle and surrounding buildings smolder after they were set on fire inside the US consulate compound in Benghazi, late on September 11, 2012. (STR/AFP/GettyImages)

  • LIBYA CONSULATE

    Map locates Benghazi, Libya, where the U.S. ambassador to Libya and three other Americans were killed in an attack