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Tuerie de Chevaline: les autorités identifient trois pistes principales

12/09/2012 03:35 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

ANNECY, France - Le procureur de la République d'Annecy a évoqué mercredi trois pistes principales dans le quadruple homicide survenu à Chevaline dans les Alpes françaises, soit le métier, la famille et l'Irak, pays d'où était originaire le couple Al-Hilli.

En conférence de presse, Éric Maillaud a annoncé qu'il se rendrait en Grande-Bretagne avec l'un des juges d'instruction jeudi. Il a affirmé que c'était dans ce pays que se trouvaient les explications à ce drame, qui a coûté la vie à Saad Al-Hill, à sa femme, Iqbal, à la mère de cette dernière et à un cycliste français.

M. Maillaud a indiqué que l'une des pistes était le conflit familial qui opposait M. Al-Hilli à son frère sur fond d'argent ou d'héritage. Il a rappelé que le frère en question, entendu par les policiers britanniques, niait l'existence de ce différend.

Deux autres hypothèses sont prises en compte par les enquêteurs: le métier de M. Al-Hilli, qui était un ingénieur spécialisé dans les communications par satellite, et l'Irak, son pays d'origine. Le procureur a, sur ce dernier point, relevé la difficulté à obtenir des renseignements de la part des autorités de Bagdad sur les victimes.

Éric Maillaud a dit vouloir «faire en sorte d'aller le plus vite possible sans que la langue ou les cultures juridiques ne constituent une barrière». Le magistrat a évoqué des «difficultés de compréhension» qui ont pu ralentir le travail des policiers français et britanniques.

Une quarantaine d'enquêteurs français sont monopolisés par cette enquête judiciaire en raison de son caractère international. Le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann de la gendarmerie d'Annecy a précisé que la piste irakienne était prise en compte avec des gens spécialisés dans ce domaine.

Les investigateurs ont commencé à réentendre les témoins et procèdent à l'audition de nouveaux témoins. «Le moindre témoignage est vérifié», a assuré M. Maillaud.

Ce dernier s'est une nouvelle fois refusé à donner des détails sur l'arme du crime, estimant que la divulgation de cet élément «crucial» risquerait de nuire à l'enquête.

Quant à la petite fille de sept ans du couple Al-Hilli, blessée et hospitalisée, elle sera entendue lorsque son état de santé le permettra. Sa soeur de quatre ans est sortie indemne de l'attaque.

Le procureur a par ailleurs regretté les nombreuses fuites dans la presse, menaçant leurs auteurs de poursuites judiciaires. Il a aussi stigmatisé le comportement de certains journalistes qui lui ont prêté des propos qu'il dit ne jamais avoir tenus.

Les corps des quatre personnes abattues ont été remis aux familles. Saad Al-Hilli, sa femme et sa belle-mère ont été abattus dans leur voiture le 5 septembre sur un parking forestier à Chevaline, en Haute-Savoie. Le cycliste gisait à quelques mètres. Tous ont reçu au moins deux balles dans la tête.

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