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Syrie: combats près de l'aéroport d'Alep, les rebelles tuent 18 soldats

12/09/2012 07:41 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Les rebelles ont intensifié mercredi leurs attaques contre les troupes gouvernementales, les affrontant près de l'aéroport d'Alep, deuxième ville de Syrie, et lançant une attaque à la voiture piégée dans le nord-ouest du pays faisant 18 morts parmi les soldats.

Ces violences, qui ne donnent aucun signe de répit près de 18 mois après le début de la révolte qui a dégénéré en conflit sanglant, rendent encore plus difficile la mission du médiateur Lakhdar Brahimi, qui doit se rendre dans les "prochains jours" à Damas où il rencontrera le président Bachar al-Assad.

Mercredi, les forces gouvernementales pilonnaient les bastions rebelles notamment à Alep, la métropole du nord où les combats et les bombardements font rage depuis plus d'un mois et demi.

Ainsi, de violents affrontements ont éclaté à l'aube près de l'aéroport d'Alep, qui fonctionne toujours normalement, et plusieurs quartiers rebelles ont été bombardés par l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appui sur un large réseau de militants.

Dans cette ville multiconfessionnelle, quatre Syriens arméniens qui étaient de retour d'Erevan ont été abattus par des hommes armés sur la route de l'aéroport, ont affirmé leurs proches à l'AFP. Au moins 13 autres personnes du même groupe ont été blessées, selon la même source.

Ailleurs dans le pays, les bombardements de l'armée ont provoqué des incendies dans plusieurs immeubles et une boulangerie de la région de Hama (centre). Dans cette même province, une vingtaine de corps, dont ceux de deux enfants, ont été retrouvés à Hilfaya où l'armée a mené une opération militaire la veille.

Les rebelles, qui avaient annoncé mardi avoir unifié leurs forces à Alep et dans sa région, ont lancé une attaque à la voiture piégée contre une position de l'armée à Saraqeb, dans la province voisine d'Idleb (nord-ouest), tuant 18 soldats, selon l'OSDH.

"Ils ont ensuite attaqué avec leurs armes automatiques cette même position où se trouvaient entre 70 et 100 soldats", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, sans être en mesure de préciser s'il s'agissait d'un attentat suicide.

"La position militaire a été entièrement détruite, alors qu'une vingtaine de soldats ont pu fuir", a-t-il précisé.

Outre les 18 soldats tués, au moins cinq civils et deux rebelles ont péri dans les violences en Syrie mercredi, au lendemain d'un nouveau bilan sanglant de 138 morts, dont 93 civils, selon l'OSDH.

Dans une nouvelle tentative de la communauté internationale pour parvenir à un compris sur un règlement en Syrie, le nouvel émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, M. Brahimi doit se rendre à Damas pour rencontrer le président Assad et des "hauts responsables de l'opposition ainsi que des représentants de la société civile".

M. Brahimi, qui avait jugé lundi sa mission "extrêmement difficile", devrait arriver à Damas ce jeudi, selon des diplomates onusiens.

Les violences depuis mars 2011 ont poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir le pays. Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, le nombre de réfugiés qui se sont fait connaître auprès de l'HCR a dépassé 250.000 personnes, dont 85.197 en Jordanie, pays où s'étaient rendus mardi le chef du HCR Antonio Guterres et son émissaire Angelina Jolie.

"Nous encourageons la communauté internationale à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider ces réfugiés", a déclaré l'actrice au camp de Zaatari, en soulignant qu'"il y a beaucoup à faire".

Aucune issue au conflit n'est en vue, en particulier en raison des profondes divisions au sein de la communauté internationale entre ceux qui réclament un départ de M. Assad, Etats-Unis en tête, et ceux qui prônent un dialogue entre régime et opposition, parmi lesquels l'Iran, la Russie et la Chine.

La Russie a pour sa part proposé une conférence réunissant "tous les acteurs du conflit", représentant opposition, régime et différentes communautés.

La France a "favorisé un certain nombre d'opérations de défections", a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, au lendemain de l'annonce par le général Manaf Tlass, plus haut gradé à avoir fait défection, qu'il avait été exfiltré par les services secrets français.

bur-ram/feb

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