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Retenir les services d'un conseiller financier peut se révéler payant

12/09/2012 03:26 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Le portefeuille des investisseurs qui ont un conseiller financier grossit plus rapidement que celui de ceux qui font cavalier seul, conclut une étude menée par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).

Ce n'est pas tellement parce que les conseillers réussissent à obtenir de meilleurs rendements pour leurs clients, mais plutôt parce qu'ils incitent ces derniers à épargner davantage, explique Claude Montmarquette, pdg du CIRANO, au cours d'un entretien téléphonique.

En effet, comme les conseillers travaillent souvent à commission, ils encouragent régulièrement leurs clients à leur confier de nouvelles sommes d'argent, ce qui contribue à faire croître la taille des portefeuilles.

Ainsi, le taux d'épargne des investisseurs conseillés est de huit pour cent de leur revenu disponible, contre à peine quatre pour cent pour les investisseurs indépendants.

Ceux qui mettent le plus d'argent de côté sont toutefois les investisseurs expérimentés qui gèrent activement leurs portefeuilles eux-mêmes: ils épargnent en moyenne 10 pour cent de leur revenu disponible. Ceux-ci ne représentent cependant qu'un peu plus de six pour cent de l'ensemble des investisseurs canadiens.

De façon un peu moins significative, les investisseurs qui font affaire avec un conseiller enregistrent généralement de meilleurs rendements que ceux qui n'en ont pas.

La raison en est simple: les investisseurs indépendants conservent en moyenne 33 pour cent de leur portefeuille en argent comptant, qui procure peu ou pas de rendement. Chez ceux qui ont un conseiller attitré ou qui sont des investisseurs indépendants expérimentés, c'est nettement moins: 22 et 24 pour cent respectivement.

L'étude conclut qu'en moyenne, les investisseurs qui ont un conseiller depuis plus de 15 ans disposent d'un portefeuille 2,7 fois mieux garni que ceux qui ne se fient qu'à eux-mêmes. Pour ce qui est des boursicoteurs expérimentés, les actifs de leur portefeuille sont en moyenne 2,3 fois plus importants que ceux des investisseurs indépendants moins qualifiés.

Il est à noter que l'étude n'a pas mesuré le rendement obtenu par les investisseurs, mais plutôt la taille de leur portefeuille au moment de la collecte des données. Les résultats tiennent notamment compte de l'âge, du revenu et du niveau d'instruction des répondants.

Autre élément intéressant: un investisseur doit avoir un conseiller financier pendant au moins quatre ans pour que son portefeuille en ressente les effets positifs. Et plus la relation d'affaires est longue, meilleurs sont les résultats.

L'étude indique par ailleurs que faire affaire avec un conseiller financier «accroît significativement» la confiance d'un investisseur de disposer de suffisamment d'argent à la retraite.

Cette étude réconfortera les conseillers financiers, dont la réputation a été mise à mal au cours des dernières années en raison des nombreux scandales qui ont éclaté. L'industrie vante souvent les mérites d'avoir un conseiller financier, mais relativement peu d'études scientifiques ont été menées sur la question, note M. Montmarquette.

C'est la Financière Power (TSX:PWF) qui a commandé la recherche au CIRANO et qui l'a financée en versant quelque 30 000 $ à l'organisme. Le géant montréalais des services financiers a également fourni au CIRANO les données qui ont servi à l'étude.

Celles-ci proviennent de deux sondages Internet menés en décembre 2010 et en juin 2011 auprès de milliers de foyers canadiens par la firme Ipsos Reid. Un total de 18 333 foyers ont pris part à la première enquête et 4978 à la deuxième.

Au final, 3610 répondants ont été retenus: 49,4 pour cent d'entre eux avaient un conseiller financier, 44,3 pour cent n'en avaient pas et 6,3 pour cent étaient des investisseurs indépendants expérimentés.

Claude Montmarquette assure que Power n'a aucunement cherché à influencer les résultats de l'étude.

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