Huffpost Canada Quebec qc

Raymond Bachand confirme son intérêt et veut un chef avant le budget

Publication: Mis à jour:
RAYMOND BACHAND
CP

QUÉBEC - Sans surprise, les députés libéraux ont confié mercredi à Jean-Marc Fournier la tâche d'assumer par intérim la direction du parti et de l'opposition officielle jusqu'à l'élection par les délégués d'un successeur à Jean Charest.

La nomination de M. Fournier a été recommandée plus tôt cette semaine par le comité exécutif du Parti libéral du Québec (PLQ) et entérinée unanimement par les députés élus, a annoncé M. Charest, après avoir présidé sa dernière réunion du caucus libéral.

«Le parti est entre bonnes mains, le parti est dans une bonne situation et le Québec aussi», a déclaré M. Charest, souriant et l'air détendu. L'ancien chef ne semble pas inquiet du sort qui l'attend. Il a confié qu'il évaluait présentement «plein de scénarios» pour la suite de sa carrière.

Quant à M. Fournier, il a dit accepter le nouveau défi avec «humilité».

Sous sa férule, l'opposition officielle «ne s'opposera pas pour s'opposer» et jouera de bonne foi le jeu de la cohabitation avec le gouvernement minoritaire, a promis le nouveau chef intérimaire qui veut faire de l'économie sa priorité numéro un.

«Nous demeurons convaincus que la création d'emplois est non seulement un puissant moteur économique, mais c'est probablement le meilleur programme de lutte contre la pauvreté», a-t-il souligné aux côtés de ses collègues.

Ainsi, l'opposition libérale appuiera les politiques gouvernementales susceptibles de stimuler le développement économique. En revanche, elle s'élèvera contre «toute mesure qui cherchera à diviser les Québécois entre eux ou toute mesure qui s'inscrira dans une démarche visant à favoriser la séparation du Québec», a prévenu M. Fournier.

Par conséquent, a-t-il ajouté, le Parti libéral ne laissera pas la première ministre Pauline Marois «alimenter un feu vers la séparation» qui risque de «brûler tous les Québécois».

Les règles de la course à la direction _ notamment la date de l'élection _ seront fixées par le comité exécutif et soumises pour approbation aux militants dans le cadre d'un conseil général le mois prochain.

D'ici là, les prétendants au leadership disent poursuivre leur réflexion et cherchent l'appui de leurs collègues députés.

À l'intérieur du caucus, deux camps semblent se dessiner: les «pressés» et ceux qui redoutent une trop grande précipitation dans le choix du nouveau chef.

Officiellement en réflexion, le ministre des Finances, Raymond Bachand, est sans contredit du camp des pressés. Il a plaidé mercredi en faveur d'un processus de changement de garde rapide.

À son avis, le prochain chef libéral devrait être en fonction avant le dépôt du premier budget du gouvernement Marois, le printemps prochain, afin de «bloquer» les orientations économiques et financières péquistes.

«Je pense que le parti devrait être prêt et avoir un chef avant le budget du gouvernement parce que si on lit ce que le PQ veut faire, c'est un désastre pour l'économie du Québec. Il faut être prêt à bloquer ça pour ne pas que les gens souhaitent de nouvelles élections», a-t-il dit.

Le député d'Outremont a reçu l'aval de sa famille pour se lancer dans la course et jauge l'appui des députés. La réponse de ces derniers est «excellente», a-t-il soutenu.

Selon lui, le PLQ a tout intérêt à opposer rapidement un nouveau chef à Pauline Marois afin d'empêcher le gouvernement péquiste d'agir comme bon lui semble et bâcler la préparation du budget.

«Si vous êtes dans une course au leadership à ce moment-là, ils vont faire n'importe quoi», a déclaré M. Bachand, reprenant à son compte la maxime «si tu veux la paix prépare la guerre».

Le ministre des Transports, Pierre Moreau, a lui aussi confirmé son intérêt pour le leadership libéral, mais il se dit toujours en réflexion même si des informations lui prêtent l'intention de prendre de vitesse les autres aspirants.

En point de presse, M. Moreau a nié avoir déjà réuni son équipe de campagne.

«J'ai dit que j'étais en réflexion, je n'ai pas dit que j'étais en retraite fermée. Ce genre de chose-là se fait en prenant contact avec des gens et cela fait partie du processus de réflexion», a-t-il dit.

Quelques jours après avoir manifesté son intérêt, le ministre du Développement économique, Sam Hamad, a pour sart annoncé qu'il passera son tour. Au terme de sa réflexion, M. Hamad a conclu qu'il souhaitait davantage être un lieutenant qu'un chef, du moins pour l'instant.

«Ma décision a été prise ce matin (mercredi) avec ma famille de ne pas participer à la campagne au leadership cette fois-ci. On verra pour la prochaine fois», a-t-il dit, sans préciser plus avant.

Quant à lui, le député Pierre Arcand _ qui ne sera pas de la course à la succession _ a dit souhaiter que la campagne au leadership se déroule rondement mais sans précipitation.

«Je pense que ça ne doit pas se faire dans la précipitation, (mais) c'est sûr que quand on est assis entre deux chaises, c'est toujours délicat. Alors je pense que sans aller avec une trop grande vitesse, il faut se décider quand même assez rapidement», a-t-il dit.

À lire aussi sur le HuffPost Québec

Jean Charest démissionne
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction