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Morsi à Bruxelles veut plaider pour un soutien économique de l'UE à l'Egypte

12/09/2012 07:40 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Le président égyptien Mohamed Morsi veut plaider pour un accroissement de l'aide et des investissements européens pour son pays en proie à de graves difficultés économiques, lors de rencontres à Bruxelles jeudi, son premier déplacement en Europe depuis son élection en juin.

M. Morsi doit s'entretenir avec le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy, le président de la commission européenne José Manuel Barroso, ainsi qu'avec la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Le président islamiste égyptien "veut parler du soutien de l'UE en cette période de transition" pour l'Egypte, a déclaré son porte-parole Yasser Ali.

Il souhaite "donner une impulsion à la coopération avec le bloc européen et discuter d'investissements potentiels en Egypte", a-t-il ajouté, indiquant que les questions économiques tiendraient une large place, en plus des sujets politiques et diplomatiques.

Cette visite se poursuivra avec un déplacement à Rome, l'un des plus importants partenaires commerciaux de l'Egypte en Europe.

Il doit y rencontrer le président de la République Giorgio Napolitano et le chef du gouvernement Mario Monti, avant de revenir au Caire, selon des sources officielles égyptiennes.

Les 27 pays de l'Union européenne sont collectivement le premier partenaire commercial de l'Egypte, dont ils représentent environ le tiers du commerce extérieur.

Les exportations de l'UE vers ce pays ont atteint 13,9 milliards d'euros en 2011, pour des importations d'une valeur de 9,4 milliards, soit un volume total de 23,3 milliards, plus du double du chiffre réalisé en 2004 (11,5 milliards d'euros), selon des statistiques européennes.

Cette place de l'Europe est d'autant plus importante que que l'Egypte traverse depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 une grave crise, qui s'ajoute aux maux de l'ancien régime -corruption, pauvreté, faiblesse de nombreuses infrastructures etc.-

Le tourisme, secteur d'activité vital, a plongé en 2011 et sa reprise s'amorce mais reste laborieuse. Les réserves en devises de la banque centrale ont fondu de 36 à 15 milliards de dollars en un an et demi, menaçant la capacité du pays à importer des produits de base et à soutenir le cours de sa monnaie, la livre égyptienne.

Les investisseurs étrangers, qui autrefois se bousculaient, sont restés largement sur leurs réserves depuis la chute de M. Moubarak, dans l'attente d'une stabilisation du pays.

Le Caire, qui reçoit un important soutien financier des pays du Golfe, est également engagé dans des négociations avec le Fonds monétaire international pour obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars.

Les responsables européens exprimeront "le soutien de l'UE à la transition démocratique en Egypte" et sa "volonté de coopérer avec les nouvelles autorités civiles du pays pour approfondir notre partenariat", a pour sa part indiqué la représentation de l'UE en Egypte dans un communiqué.

"L'UE se tient prête à accroître sa contribution au redressement économique de l'Egypte, à poursuivre le renforcement des échanges commerciaux et des investissements et à renforcer davantage les contacts entre les peuples", ajoute le communiqué.

M. Morsi, issu du mouvement des Frères musulmans, a pris ses fonctions le 30 juin. Il est le premier président égyptien à ne pas venir des rangs de l'armée depuis la chute de la monarchie en 1952.

Il a déjà effectué des visites en Arabie saoudite, en Chine et en Iran. Il doit également se rendre fin septembre à New York pour participer à l'Assemblée générale de l'ONU, et prépare une visite au Brésil.

cr/hj

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