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Manifestation contre le terrorisme et l'ancien président Saleh à Sanaa

12/09/2012 06:04 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Des dizaines de milliers de Yéménites ont manifesté mercredi à Sanaa, dénonçant le terrorisme et accusant l'ancien président Ali Abdallah Saleh de l'alimenter, au lendemain d'un attentat contre le ministre de la Défense.

"Le terrorisme et Al-Qaïda, ce sont Ali Abdallah Saleh et ses fils", ont répété les manifestants, qui ont défilé dans le centre de Sanaa, passant notamment devant le domicile du président Abd Rabbo Mansour Hadi, selon un correspondant de l'AFP.

"Pas d'immunité pour le meurtrier", scandaient également les manifestants. L'accord de transition en vertu duquel M. Saleh a quitté le pouvoir en février, sous la pression de la rue, lui accorde l'immunité, ainsi qu'à ses proches.

Les manifestants qui se sont rassemblés à l'appel des Jeunes de la révolution, à l'origine du mouvement de contestation contre M. Saleh, ont apporté leur soutien au président Hadi, lui demandant de continuer à limoger les proches de l'ancien président.

M. Hadi avait limogé mardi soir, après l'attentat, plusieurs hauts responsables des services de sécurité considérés comme loyaux à M. Saleh, dont le chef de la sécurité nationale et un demi-frère de l'ancien président.

Déjà mardi, plus de 200.000 Yéménites étaient descendus dans la rue à Sanaa pour demander la levée de l'immunité accordée à l'ancien président, quelques heures après l'attentat à la voiture piégée contre le ministre de la Défense, Mohamed Nasser Ahmed.

Le ministre est sorti indemne de cet attentat mais douze personnes, dont sept de ses gardes du corps, ont été tuées.

L'attentat est intervenu au lendemain de l'annonce de la mort du numéro deux d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), le Saoudien Saïd Ali al-Chehri, dans une opération militaire menée par les autorités qui ont affirmé avoir porté un "coup dur" au réseau.

Al-Qaïda avait profité de l'affaiblissement du pouvoir central, à la faveur de l'insurrection populaire contre l'ex-président Saleh, pour renforcer son emprise, notamment dans l'est et le sud du pays.

Mais les détracteurs de l'ancien président l'ont toujours accusé d'encourager en sous-main Al-Qaïda et d'avoir livré des régions du sud du pays au réseau.

M. Saleh, chef du Congrès populaire général (CPG, ancien parti au pouvoir) continue de nourrir des ambitions politiques et avait appelé la semaine dernière, lors d'un rassemblement de ses partisans à Sanaa, le gouvernement d'unité nationale à "démissionner car il a échoué à maintenir l'ordre et la stabilité".

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