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Loi spéciale : Dalton McGuinty dénonce les moyens de pression

12/09/2012 11:03 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Le premier ministre Dalton McGuinty presse les enseignants de ne pas prendre les étudiants en otage dans leur dispute avec la province.

Des centaines d'enseignants des écoles publiques anglaises de l'Ontario boycottent les activités parascolaires, en plus de s'habiller en noir, mercredi, au lendemain de l'adoption d'une loi spéciale, qui gèle le salaire des enseignants durant deux ans et suspend leur droit de grève pendant cette période.

Des syndicats d'enseignants ont déclaré « la guerre », mardi, au gouvernement libéral, qui s'était pourtant fait élire en 2003 en promettant de rétablir la paix dans les écoles, après des années de grèves et de manifestations sous le gouvernement conservateur de Mike Harris.

La loi spéciale touche 200 000 enseignants et autres travailleurs en éducation.

Le premier ministre Dalton McGuinty comprend que les relations sont tendues en ce moment avec les enseignants, mais il a invité, mercredi, le personnel des écoles à se rappeler des investissements de son gouvernement en éducation.

Le premier ministre n'a pas donné de détails sur les sanctions possibles, pas plus que sur ce qu'il comptait faire pour recoller les pots cassés.

Enseignants déchirés

À l'école secondaire Jarvis Collegiate de Toronto, un enseignant de mathématiques concédait que les élèves seraient pénalisés, s'il continuait à boycotter ses cours bénévoles de rattrapage après les heures de classe. La bibliothécaire Esther Hum, responsable des clubs de lecture et de tennis de l'école, admettait être « déchirée ».

À l'heure actuelle, seuls les enseignants francophones et ceux des écoles catholiques anglaises ont conclu une entente de principe avec la province pour le renouvellement des conventions collectives.

Les syndicats récalcitrants, soit ceux des enseignants des écoles publiques anglaises, ont accusé le premier ministre McGuinty de jouer les durs pour regagner sa majorité aux élections partielles du 6 septembre dernier. Les libéraux ont remporté seulement un des deux sièges en jeu, maintenant le statu quo.

Des leaders syndicaux ont promis de contester la loi spéciale devant les tribunaux, jusqu'en Cour suprême s'il le faut.

Ils ont, par ailleurs, demandé à leurs membres de boycotter les tâches bénévoles, comme les activités sportives et artistiques après les classes, pour protester contre cette loi « draconienne ».

Le syndicat des enseignants anglophones du secondaire cible en particulier les activités se déroulant les mercredis, alors que leurs collègues du primaire sont appelés à boycotter les activités bénévoles et les réunions les lundis.

Divisions politiques

Des députés conservateurs se sont rangés, mardi, du côté du gouvernement libéral minoritaire pour assurer l'adoption de la loi spéciale.

Les députés néo-démocrates ont été les seuls à s'y opposer.

La chef néo-démocrate ontarienne, Andrea Horwath, a dénoncé la loi, la qualifiant « d'insouciante et de simpliste ».

Le chef conservateur Tim Hudak, lui, continue à réclamer un gel salarial pour l'ensemble des employés des secteurs public et parapublic, des députés aux docteurs.

Pas les moyens

La chef du NPD, Andrea Horwath, a cité en chambre, mardi, nombre d'avis juridiques, dont celui de l'Association canadienne des libertés civiles, qui jugeait le projet de loi 115 « inconstitutionnel. »

Le premier ministre, Dalton McGuinty, a répondu par ses propres avis juridiques et a réaffirmé la nécessité de limiter les salaires dans les secteurs public et parapublic afin d'éliminer le déficit provincial de 15 milliards de dollars.

Il a ajouté que la loi spéciale et le gel de salaire protégeraient le financement de différents programmes, comme la maternelle à temps plein et la limite de 20 élèves par classe au primaire.

Le gel salarial s'applique rétroactivement au 1er septembre.

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