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Libye: l'assemblée nationale appelée à élire un nouveau chef de gouvernement

12/09/2012 03:26 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

L'assemblée nationale libyenne doit élire mercredi un chef de gouvernement qui aura notamment comme priorité de rétablir la sécurité dans le pays, quelques heures après une attaque meurtrière contre le consulat américain à Benghazi (est).

Près d'un an après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, le chef du gouvernement aura également pour tâche de conduire une nouvelle période de transition.

Huit candidats, dont le chef de l'alliance des libéraux, Mahmoud Jibril, et le candidat des islamistes, l'actuel ministre de l'Electricité, Awadh Al-Barassi, se sont succédé lundi et mardi à la tribune pour convaincre les 200 membres du Congrès général national (CGN), plus haute autorité politique du pays issue des élections du 7 juillet.

L'actuel vice-Premier ministre Moustapha Abou Chagour, considéré comme proche des islamistes, est également candidat à la succession du chef du gouvernement de transition, Abdelrahim al-Kib.

Chacun des candidats a disposé d'une séance de 90 minutes, dont 45 de questions-réponses avec les députés, diffusée en direct par la télévision libyenne.

Les programmes des candidats et les questions des députés étaient centrées sur la sécurité et l'intégration des ex-rebelles ayant combattu l'ancien régime de Mouammar Kadhafi.

La construction d'une armée et d'une police professionnelle ainsi que la surveillance des frontières constituent la pierre angulaire des programmes présentés.

Les graves problèmes de sécurité ont encore été illustrés dans la nuit lorsque un fonctionnaire américain a été tué et un autre blessé lors de l'attaque du consulat américain à Benghazi par des hommes armés protestant contre un film jugé insultant pour le prophète de l'islam.

L'économie, le volet social et la réconciliation nationale, étaient également parmi les principaux thèmes abordés par les candidats qui étaient notamment d'accord pour une suppression des subventions des produits alimentaires et du carburant, couplée avec une amélioration des revenus et la construction de logements sociaux.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi et l'annonce de la "libération" du pays en octobre 2011, le gouvernement de transition avait uniquement pour mission de gérer les affaires courantes.

Dans un rapport rédigé fin août et transmis mardi à l'AFP, les Nations unies estiment que "la sécurité publique en Libye ne sera améliorée que si le nouveau gouvernement consent des efforts importants pour appliquer des réformes du secteur de la sécurité voulues par la nation".

L'ONU a exhorté les autorités libyennes à "former un nouveau gouvernement qui associe toutes les parties et qui recueille l'aval du peuple libyen".

"Ainsi, les problèmes immédiats pourront être effectivement abordés, notamment la difficile instauration d'institutions publiques solides responsables et modernes, la collecte des armes et l'intégration des révolutionnaires dans les institutions chargées de la sécurité, autant d'éléments qui feront avancer le pays sur la voie de la démocratie, de la réconciliation nationale et de la stabilité à long terme", selon le texte.

L'Alliance des forces nationales (AFN) de Mahmoud Jibril, une coalition d'une soixantaine de petits partis libéraux menée par des architectes de la révolte de 2011, détient 39 sièges sur les 80 réservés à des partis politiques.

Le Parti de la justice et de la construction (PJC) issu des Frères musulmans est la deuxième formation politique avec 17 sièges.

Les 120 sièges restants ont été attribués à des candidats indépendants aux allégeances et convictions encore floues.

L'élection du Premier ministre pourrait donner une meilleure idée sur l'influence de chaque bloc dans l'Assemblée, même si les indépendants ont également présenté des candidats.

ila/vl

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