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Liban: un patchwork de confessions

12/09/2012 03:55 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

Le Liban, où se rend vendredi le pape Benoît XVI, est un pays où coexistent officiellement 18 communautés, en dépit d'une guerre civile de 15 ans (1975-1990) qui a fait des dizaines de milliers de victimes.

La Constitution libanaise ne détaille pas ces communautés, mais son article 9 stipule que "la liberté de conscience est absolue" et que "l'Etat respecte toutes les confessions et en garantit et protège le libre exercice à condition qu'il ne soit pas porté atteinte à l'ordre public".

Officiellement, il existe 13 communautés chrétiennes, quatre confessions musulmanes et les juifs, selon Youssef Chahid Doueihi, chercheur libanais à la Fondation maronite dans le monde.

Vu que, pour des raisons politiques, il n'y a plus eu de recensement depuis 1932, à l'époque du mandat français, ce chercheur s'est appuyé sur une consultation méthodique des fichiers d'état civil.

Selon lui, sur une population d'environ 4,6 millions de personnes enregistrées comme Libanais (résidents et non résidents), les chrétiens représentent 34,9% et les musulmans 64,64%. Le reste (0,4%) sont les 5.490 juifs et des membres de communautés non reconnues comme les bouddhistes ou les bahaïs.

Selon M. Doueihi, la communauté chrétienne a connu un déclin de 1% tous les quatre ans depuis le dernier recensement.

Du côté musulman, sunnites et chiites sont au même nombre, soit un peu plus de 29%. Environ 5,4% sont druzes --musulmans hétérodoxes-- et 0,82% alaouites, une émanation du chiisme.

Les chiffres du chercheur n'incluent pas les étrangers vivant au Liban, notamment les réfugiés palestiniens (280.000 enregistrés auprès de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens).

Selon un pacte non écrit de 1943, le président est toujours maronite, le Premier ministre sunnite et le chef du parlement chiite. Le chef de l'armée est également par tradition maronite tandis que le chef d'état-major est druze.

Malgré le "déséquilibre" démographique, la parité entre musulmans et chrétiens est respectée pour les sièges du Parlement et les hautes fonctions de l'Etat.

L'Etat laisse les hiérarchies religieuses gérer le statut personnel, notamment le mariage, le divorce et les naissances.

Ainsi, les catholiques n'ont pas en principe le droit de divorcer et les filles sunnites reçoivent moitié moins que leurs frères en succession. Pour contourner ces lois, des catholiques deviennent orthodoxes ou des sunnites n'ayant que des filles se convertissent au chiisme pour répartir équitablement leur héritage.

Le mariage civil ne peut être célébré sur le sol libanais mais est reconnu par les autorités --les enfants portent cependant la religion du père.

Changement notable depuis la fin de la guerre civile, où les meurtres confessionnels étaient monnaie courante: la religion n'est plus mentionnée sur la carte d'identité. Il est cependant souvent facile de connaître la confession d'une personne à partir de son nom ou prénom.

La répartition communautaire en chiffres (selon M. Youssef Chahid Doueihi)

CHRETIENS: environ 1.598.000

Maronites (19.24%), grecs orthodoxes (6.18%), grecs-catholiques ou melkites (4,46%), arméniens orthodoxes (2.29%), arméniens catholiques (0,51%), protestants (0,47%), syriaques orthodoxes (0,45%), syriaques catholiques (0.28%), les autres groupes --dont les chaldéens, assyriens, latins-- (1,17%).

MUSULMANS: environ 2.954.700

Sunnites (29.2%), chiites (29.1%), druzes (5.4%), alaouites (0.82%)

AUTRES:

Juifs, bahaïs, Témoins de Jéhovah, Bouddhistes (0,4%)

ser/sk/ram/vl

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