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Les Forces canadiennes auront plus d'argent pour la santé mentale des militaires

12/09/2012 03:47 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

HALIFAX - Les Forces canadiennes prévoient embaucher 51 professionnels de la santé mentale pour traiter des maladies contractées pendant la guerre en Afghanistan ou dans d'autres missions.

Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a annoncé mercredi que son ministère consacrerait 11,4 millions $ pour embaucher des psychiatres, des psychologues, du personnel infirmier en santé mentale, des travailleurs sociaux et des conseillers en dépendance.

Selon M. MacKay, les déploiements en Afghanistan et dans d'autres conflits ont provoqué l'apparition de plusieurs milliers de cas de syndromes de stress post-traumatique et d'autres maladies mentales chez les militaires qui rentrent au pays.

Pour le ministre, la mission en Afghanistan a eu des impacts difficiles dans la vie de plusieurs soldats canadiens. Les vétérans malades ou blessés à la suite de leur passage en Afghanistan sont prioritaires, a-t-il assuré.

Près d'un million de dollars seront dépensés pour accroître le nombre de médecins en première ligne, tandis que 2,7 millions $ seront consacrés à garder en poste neuf médecins dont les emplois étaient menacés, précise-t-on dans un communiqué.

M. MacKay a assuré que les fonds venaient s'ajouter aux 38,6 millions $ dépensés annuellement pour les besoins des membres des Forces canadiennes en matière de santé mentale.

Cette annonce survient après une série de vives critiques de la part de l'opposition à propos de l'état des services de santé mentale destinés aux soldats et aux vétérans de l'armée canadienne.

En mai, des syndicats du ministère de la Défense ont indiqué que les compressions budgétaires provoquaient le départ de chercheurs et d'experts en santé mentale au sein des forces armées.

Au dire des syndicats, des compressions ont été effectuées dans la Section de la santé des militaires déployés, qui regroupe des spécialistes en prévention du suicide, qui surveillent également les taux de stress post-traumatique et les cas de traumatismes cérébraux.

Les syndicats soutiennent par ailleurs que la Section d'épidémiologie se verrait privée de 18 employés qui menaient des recherches sur la dépression, le syndrome de stress post-traumatique et le suicide.

L'opposition a vertement dénoncé les compressions, alors que 20 membres des forces armées se sont suicidés en 2011.

Les soins de santé mentale des soldats font également l'objet d'une révision de la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire, à la suite du suicide d'un soldat en 2008. L'enquête se penche sur la façon dont l'armée a traité la santé mentale d'un caporal dans les semaines précédant sa mort.

M. MacKay a toutefois indiqué mercredi que le financement permettrait de s'assurer que les intervenants de première ligne qui soignent des militaires ne soient pas touchés par des compressions budgétaires.

L'annonce a suscité l'approbation de la Société canadienne de psychologie. «Nous espérons en apprendre prochainement davantage sur l'annonce du ministre et aider le gouvernement à répondre aux besoins en santé mentale des membres des Forces canadiennes», a déclaré la Dre Karen Cohen, présidente de l'association.

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