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Les Etats-Unis promettent de préserver leur "amitié" avec la Libye

12/09/2012 01:52 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Les Etats-Unis se sont insurgés mercredi après l'attaque perpétrée en Libye par un "petit groupe sauvage", qui a coûté la vie à leur ambassadeur, mais le président Barack Obama et sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton ont promis de préserver "l'amitié" avec Tripoli.

Confrontés à un événement rarissime --le dernier meurtre d'un ambassadeur américain remonte à 1979 en Afghanistan-- M. Obama et Mme Clinton ont réagi très solennellement, venant ensemble au département d'Etat réconforter un millier de fonctionnaires sous le choc.

Le président, se tenant aux côtés de sa secrétaire d'Etat dans la roseraie de la Maison Blanche, a condamné "dans les termes les plus forts cette attaque scandaleuse et choquante" contre le consulat à Benghazi, tuant l'ambassadeur Christopher Stevens et trois fonctionnaires américains, le jour du 11e anniversaire du 11-Septembre.

Mme Clinton a fustigé un "attentat qui devrait choquer les consciences de tous les fidèles partout dans le monde".

Les Etats-Unis et la Libye s'échinent à retrouver "les tueurs" et à les "traduire en justice", ont assuré le président et sa secrétaire d'Etat. Le FBI a ouvert une enquête.

Très vite, les autorités libyennes ont présenté leurs excuses à Washington et montré du doigt des partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi et ceux d'Al-Qaïda.

"Une ville que nous avons sauvée de la destruction"

Mme Clinton a bien pris soin de faire le distinguo entre un "petit groupe sauvage" responsable de l'attaque et le "peuple libyen". Le président a souligné que beaucoup de Libyens de Benghazi avaient tenté d'aider les Américains pendant l'attentat et avaient transporté la dépouille de l'ambassadeur à l'hôpital.

Pour M. Obama, "l'attaque ne rompra pas les liens entre les Etats-Unis et la Libye", Mme Clinton s'engageant pour sa part à ce que "l'amitié" entre les deux pays ne soit pas "une victime de plus de cet attentat". "Une Libye libre et stable reste dans l'intérêt de l'Amérique", a-t-elle insisté.

Elle s'est toutefois interrogée à voix haute devant des journalistes: "Comment cela a-t-il pu arriver dans un pays que nous avons contribué à libérer, dans une ville que nous avons sauvée de la destruction?"

Les Etats-Unis ont été l'un des principaux contributeurs à l'opération de l'Otan qui a conduit à l'éviction et à la mort du colonel Kadhafi en octobre 2011 après un conflit démarré à la mi-février 2011 par une révolte populaire, à Benghazi, avant de se transformer en une guerre civile.

Les combats ont dévasté la Libye et fait des dizaines de milliers de morts et de blessés.

Mme Clinton s'était rendue sur place dès le 18 octobre 2011, deux jours avant la mort de Kadhafi. En juillet dernier lors des premières élections libres depuis 40 ans, M. Obama s'était engagé à travailler "étroitement avec la nouvelle Libye", l'assurant de "l'amitié durable" des Etats-Unis".

L'ambassadeur libyen à Washington, Ali Suleiman Aujali, a d'ailleurs rappelé que le "peuple américain nous a(vait) aidés pendant la guerre et la révolution". "Nous avons besoin de cette aide pendant la guerre et pendant la paix", a-t-il plaidé.

Reste que les Etats-Unis ont réduit au strict minimum leur présence en Libye, évacuant leurs personnels vers l'Allemagne, et révisant la sécurité de toutes leurs missions diplomatiques dans le monde.

Lors d'une cérémonie exceptionnelle dans la cour d'honneur du département d'Etat, M. Obama a salué une foule compacte d'employés et de diplomates. Il en a étreint certains visiblement émus. Le nom de M. Stevens sera inscrit sur des plaques en marbre portant les noms de tous les diplomates américains morts en service depuis 1780.

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