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Le nouveau président somalien sort indemne d'un attentat à Mogadiscio

12/09/2012 08:11 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Le nouveau président somalien Hassan Cheikh Mohamoud, à peine élu lundi soir, est sorti indemne mercredi d'un attentat suicide, revendiqué par les islamistes shebab, contre l'hôtel où il réside à Mogadiscio et qui a tué au moins trois soldats.

"Il y a eu une explosion près de l'hôtel (...) Le président est indemne, tous ceux qui étaient à l'intérieur de l'hôtel sont indemnes", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), le colonel Ali Houmed.

Selon un policier somalien, Ali Mohamed, deux explosions ont frappé le portail d'entrée de l'hôtel.

Trois militaires - un Ougandais de l'Amisom et deux soldats somaliens - ont péri dans l'attentat, perpétré semble-t-il par trois kamikazes, a indiqué à l'AFP sur les lieux de l'attentat un responsable policier ayant requis l'anonymat.

Le colonel Houmed a confirmé qu'un soldat de l'Union africaine (UA) avait été tué et deux autres blessés dans l'attentat.

Un autre responsable des forces somaliennes de sécurité, Mohamed Abdikarin, a indiqué à l'AFP avoir vu cinq corps, dont ceux de deux kamikazes. Huit personnes ont également été blessées, a-t-il ajouté, précisant que le bilan pourrait s'alourdir.

Des restes humains, décrits comme ceux des présumés kamikazes, jonchaient les lieux de l'attentat, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Nous sommes responsables de l'attaque contre le soi-disant président", a déclaré peu après l'attentat le porte-parole des islamistes shebab, Ali Mohamoud Rage, joint par l'AFP. "De telles attaques continueront jusqu'à ce que la Somalie soit libérée," a-t-il menacé.

Selon une source au ministère kényan des Affaires étrangères, le président somalien rencontrait le chef de la diplomatie kényane Samson Ongeri au moment de l'attentat. "Le ministre et les autres responsables kényans sont indemnes. Le président (somalien) et son équipe sont indemnes", a assuré ce responsable ayant requis l'anonymat.

L'hôtel visé par l'attentat est situé à environ 500 mètres de l'aéroport ultra-sécurisé de Mogadiscio, qui abrite le quartier-général de l'Amisom.

Il n'était pas clair dans l'immédiat pourquoi le nouveau chef de l'Etat, investi dès son élection lundi soir, était toujours hébergé dans cet hôtel et non à la Villa Somalia, complexe sur-protégé abritant les principales institutions gouvernementales somaliennes.

Même si les shebab en ont été chassés en août 2011 par une offensive conjointe de l'embryon d'armée somalienne et de l'Amisom, Mogadiscio reste l'une des capitales les plus dangereuses du monde et a été visée ces derniers mois par plusieurs attentats.

Le prédécesseur d'Hassan Cheikh Mohamoud, Sharif Cheikh Ahmed, avait réchappé fin mai à une embuscade tendue par les shebab à son convoi, à 18 km de Mogadiscio. En mars, un kamikaze avait réussi à pénétrer, grâce à un complice, à l'intérieur de la Villa Somalia, où il s'était fait exploser, tuant cinq personnes.

Hassan Cheikh Mohamoud est le premier chef de l'Etat élu à Mogadiscio depuis le président Siad Barre, dont la chute en 1991 a plongé le pays dans la guerre civile et l'a livré aux chefs de guerre, milices islamistes et gangs criminels.

Les présidents des différentes autorités de transition qui se sont succédé depuis 2000 sans parvenir à doter la Somalie d'une véritable autorité centrale, avaient tous été élus dans des pays voisins pour des raisons de sécurité.

L'élection lundi d'Hassan Cheikh Mohamoud, à une écrasante majorité des quelque 270 parlementaires réunis à Mogadiscio, a parachevé un long et complexe processus politique parrainé par l'ONU, destiné à doter la Somalie d'institutions pérennes et d'un réel gouvernement central, et avait suscité un timide espoir de voir le pays sortir enfin de 21 ans de chaos.

Universitaire entré très récemment en politique, dénué de toute expérience en la matière, proche d'aucune faction impliquée dans la guerre civile, le nouveau chef de l'Etat est réputé avoir passé des années à tenter de prévenir les combats plutôt que d'y participer.

Les shebab avaient dénoncé lundi soir un processus électoral piloté selon eux par "les ennemis extérieurs de la Somalie". Mais alors qu'il qualifiaient de traître M. Sharif - ancien chef rebelle islamiste avant de rallier les autorités de transition et d'en prendre la tête - ils avaient affirmé n'avoir "rien de personnel" contre son successeur.

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