NOUVELLES

L'ambassadeur américain tué en Libye avait ardemment soutenu les rebelles

12/09/2012 10:42 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

L'ambassadeur des Etats-Unis en Libye Christopher Stevens, tué mardi soir dans l'attaque du consulat américain à Benghazi, avait soutenu avec passion la révolte populaire contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

"J'ai été plus qu'heureux de voir le peuple libyen se soulever et revendiquer ses droits", avait-il déclaré dans une vidéo de présentation publiée par le département d'Etat peu après sa nomination à l'ambassade de Tripoli, la capitale libyenne, en mai 2012.

"A présent, je suis impatient de retourner en Libye pour poursuivre le travail formidable que nous avons commencé, pour construire un partenariat solide entre les Etats-Unis et la Libye, afin de vous aider, vous le peuple libyen, à atteindre vos objectifs", avait-il encore plaidé.

Avant d'être nommé à Tripoli, Chris Stevens avait servi comme ambassadeur auprès des opposants libyens dès le début en février 2011 du soulèvement, au cours duquel les forces aériennes de l'Otan avaient aidé les rebelles à renverser le régime du colonel Kadhafi. Ce dernier, au pouvoir depuis quatre décennies, avait finalement été capturé puis tué par les rebelles.

Ardent défenseur des droits du peuple libyen, Chris Stevens est décédé mardi soir, à 52 ans, dans une attaque menée par l'un des groupes islamistes qui ont surgi après la chute du dictateur déchu. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a accusé mercredi "un petit groupe sauvage" du meurtre de l'ambassadeur.

Lors d'une intervention solennelle dans la roseraie de la Maison Blanche aux côtés de Mme Clinton mercredi, Barack Obama a qualifié l'ambassadeur de "représentant courageux et exemplaire des Etats-Unis", ayant "servi avec abnégation notre pays et le peuple libyen". Pour le président américain, "il est particulièrement tragique que Chris Stevens soit mort à Benghazi, une ville qu'il a contribué à sauver".

Mme Clinton a, elle, souligné qu'il "avait risqué sa vie pour stopper un tyran avant de donner sa vie en essayant d'aider à la construction d'une Libye meilleure".

Originaire de la Californie et diplômé de la prestigieuse Université de Berkeley, Chris Stevens racontait dans la vidéo diffusée par le département d'Etat être tombé amoureux du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord durant ses deux années de service au sein des "Peace Corps", une agence américaine de volontaires oeuvrant pour la paix dans le monde. Il y travaillait comme professeur d'anglais dans l'Atlas marocain. De vieux clichés le montrent faisant de la randonnée dans les montagnes.

Ce diplomate, francophone et arabophone, avait ensuite rejoint le département d'Etat et a été en poste à Jérusalem, à Damas, au Caire, à Riyad, et en Libye, pays qu'il disait vouloir "libre, démocratique et prospère".

Chris Stevens avait également été chef de mission adjoint en Libye de 2007 à 2009, peu de temps après que les Etats-Unis eurent rétabli leurs relations avec le régime Kadhafi.

Ses collègues l'ont décrit comme très aimable et optimiste quant à l'avenir de la Libye, bien que réaliste face aux difficultés pour y parvenir.

"Le monde a besoin de plus de Chris Stevens", a souligné Mme Clinton, indiquant avoir dit à la soeur du défunt, Anne, tôt mercredi, que "l'on se rappellera de lui comme un héros dans de nombreux pays".

Les causes exactes de sa mort n'étaient pas connues dans l'immédiat. Mme Clinton a simplement indiqué mercredi que "l'ambassadeur Stevens (était) mort la nuit dernière de ses blessures survenues dans l'attaque contre notre mission à Benghazi", au cours de laquelle trois autres Américains sont morts.

jk/dc/sam/lb

PLUS:afp