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L'ambassadeur américain tué dans l'attaque contre le consulat en Libye

12/09/2012 06:30 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

L'ambassadeur des Etats-Unis et trois fonctionnaires américains ont été tués mardi soir dans l'attaque du consulat à Benghazi, dans l'est libyen, par des hommes protestant contre un film jugé insultant pour l'islam, a-t-on appris mercredi de source officielle libyenne.

Ce film, réalisé par un Israélo-américain, avait donné lieu également à une manifestation devant l'ambassade américaine au Caire, lors de laquelle des protestataires avaient remplacé le drapeau américain par un étendard islamique.

La mort de l'ambassadeur, qui n'a pas été confirmée de source officielle américaine, illustre une fois de plus l'incapacité des autorités libyennes à assurer la sécurité dans le pays, où des milices armées font la loi, près d'un an après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Elle intervient également alors que le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique du pays, doit élire mercredi le chef du gouvernement dont la principale tâche sera justement de mettre en place une armée et une police professionnelles.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Libye, J. Christopher Stevens, et trois fonctionnaires américains ont été tués dans l'attaque du consulat à Benghazi, a déclaré à l'AFP le vice-ministre de l'Intérieur Wanis al-Charef.

La mort de M. Stevens a été confirmée par un tweet du vice-Premier ministre libyen, Moustapha Abou Chagour qui a dénoncé des "actes barbares".

Protestant contre un film jugé insultant pour l'islam, des manifestants armés ont attaqué mardi soir le consulat et des roquettes ont été tirées sur le bâtiment, avaient indiqué dans la nuit des sources de sécurité libyennes qui avaient fait état dans un premier temps de la mort d'un fonctionnaire américain, précisant qu'un autre avait été blessé.

Selon le Wall Street Journal, le film, intitulé "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans"), a été réalisé par un Israélo-Américain, Sam Bacile. Après la manifestation du Caire, il a déclaré au quotidien américain: "l'islam est un cancer".

La diffusion du film et les violences qu'il a entraînées rappellent celles qui avaient eu lieu en 2005 après la diffusion de caricatures de Mahomet par un dessinateur danois.

Avant l'annonce de la mort de l'ambassadeur américain par la Libye, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait fait état du décès d'un agent du département d'Etat.

"Certains ont essayé de justifier ce comportement brutal en le présentant comme une réponse à des éléments incendiaires diffusés sur internet", avait-elle indiqué.

"Les Etats-Unis déplorent toute volonté délibérée de dénigrer les croyances religieuses d'autrui. Notre engagement en faveur de la tolérance religieuse remonte aux origines mêmes de notre nation", a ajouté Mme Clinton.

"Mais, a-t-elle ajouté, que les choses soient claires: rien ne saurait jamais justifier des actes de cette nature".

Elle a par ailleurs indiqué s'être entretenue avec le président du CGN Mohamed al-Megaryef, des moyens de mieux protéger les Américains travaillant en Libye.

Le CGN a lui exprimé dans un communiqué, toujours avant l'annonce de la mort de l'ambassadeur américain, son "indignation" et "sa condamnation dans les termes les plus forts" de l'attaque "criminelle".

Il a annoncé l'"ouverture immédiate d'une enquête" et a indiqué que le président du Congrès avait appelé à une réunion d'urgence avec le gouvernement d'Abdelrahim al-Kib.

Des témoins ont indiqué à l'AFP que des manifestants ont arraché le drapeau américain et ont mis le feu au consulat, ajoutant que des affrontements ont eu lieu entre des forces de sécurité et des hommes armés.

L'un d'eux a indiqué que des salafistes se trouvaient parmi les assaillants, faisant état d'actes de pillage et de vandalisme.

Considérée comme fief des islamistes radicaux, Benghazi, deuxième ville du pays et bastion de la révolution, a connu une vague de violences ces derniers mois, avec des attaques contre des Occidentaux et des assassinats d'officiers de l'armée ou de la sécurité.

Les autorités libyennes, déjà dépassées par la recrudescence des violences et la prolifération d'armes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre dernier, se sont trouvées depuis quelques semaines face à une montée en puissance de la mouvance salafiste qui a notamment détruit des mausolées musulmans.

Les attaques en Libye et en Egypte ont eu des répercussions sur la campagne électorale aux Etats-Unis, où le candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney a accusé le président Barack Obama de sympathie pour les extrémistes musulmans.

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