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La rupture des relations canado-iranienne « n'aide pas à la paix », juge l'ambassadeur iranien

12/09/2012 08:49 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

L'ambassadeur iranien à Ottawa, Kambiz Sheik-Hassani, a commenté la décision du gouvernement canadien de rompre les relations avec son pays lors d'une entrevue à CBC mardi.

Selon lui, la décision unilatérale du gouvernement conservateur marque une « radicalisation » et « n'aide pas à la paix » dans le monde.

L'expulsion des diplomates iraniens au Canada et la fermeture de l'ambassade canadienne dans la République islamique, annoncées vendredi dernier à l'ambassadeur iranien, entrent en vigueur aujourd'hui.

« C'est [un acte] malheureux et hostile », a-t-il souligné. Il a estimé que l'attitude du Canada envers Téhéran avait profondément changé depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs de Stephen Harper, en 2006.

Kambiz Sheik-Hassani a rejeté les allégations des membres du gouvernement canadien selon lesquelles les diplomates iraniens harcelaient et intimidaient certains de leurs compatriotes installés au Canada.

« S'ils avaient eu des preuves, ils les auraient utilisées contre nous pour justifier la fermeture », a-t-il déclaré. « La sécurité du Canada n'est pas menacée par l'Iran », a-t-il ajouté.

Il a indiqué que les autorités canadiennes n'avaient « rien de substantiel contre l'ambassade [iranienne] ». Selon lui, les agents de l'ambassade agissaient conformément à la loi canadienne et aux lois internationales.

Pour justifier la décision de rompre les relations avec Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a invoqué « l'aide militaire croissante » du régime iranien à Damas, le programme nucléaire de la République islamique et « les menaces proférées par le régime contre Israël ».

Par ailleurs, l'ancien ambassadeur du Canada à Téhéran, Michel de Salaberry, a déploré dans une entrevue à Radio-Canada la rupture des relations, tout en admettant que les relations étaient tendues entre les deux pays.

Selon lui, la décision du gouvernement reflète une « carence de politique étrangère » du Canada.

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