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La ligue et les joueurs s'échangent des offres, mais le fossé persiste entre eux

12/09/2012 11:57 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Même si la LNH et l'Association des joueurs s'entendent maintenant sur ce que sont des revenus générés par le hockey, les deux parties n'ont toujours pas trouvé la façon de séparer l'argent provenant de ces activités.

Alors qu'il ne reste que trois jours pour ratifier un nouveau contrat de travail avant que le commissaire de la LNH Gary Bettman ne mette à exécution sa menace de mettre les joueurs en lock-out pour la deuxième fois en huit ans, la ligue et le syndicat se sont échangés de nouvelles offres, mercredi.

Les propriétaires n'étaient pas particulièrement satisfaits de la nouvelle offre déposée sur la table — Bettman précisant même qu'elle n'était pas tellement différente des précédentes — et ils ont finalement décidé de présenter une contre-offre, qui aurait été concoctée très rapidement mercredi, selon le commissaire.

Le directeur exécutif de l'AJLNH, Donald Fehr, qui prenait la parole pour la deuxième fois mercredi avant une réunion avec plusieurs centaines de joueurs, n'a pas été impressionné par la contre-offre, lui non plus.

«Nous n'avons pas présenté une offre qui concordait avec celle des propriétaires, a dit Fehr. Nous n'avons pas demandé de retourner à l'époque où il n'y avait pas de plafond salarial. Nous avons dit 'Regardez, il existe un écart significatif entre les revenus des équipes, et en reconnaissant cela, nous pensons qu'il existe une façon de corriger ce système afin que nous ne retombions pas dans le même piège encore et encore.

«Si vous obervez ce qui s'est passé dans tous les sports où le plafond salarial a été instauré... peu importe le sport, et la situation économique n'a pas d'importance, la proposition est toujours la même: les joueurs devront gagner moins d'argent, et s'ils ne le font pas ils seront mis en lock-out. C'est triste, mais c'est dans ce genre de monde-là qu'on vit.»

Un ultimatum lancé par Bettman

Quelques heures après que les joueurs eurent déposé leur offre mercredi matin, les propriétaires y ont été de la leur. L'offre comprend une augmentation de la part des revenus qu'auraient les joueurs, à qui on en proposait 46 pour cent, dans l'offre précédente. Ils reçoivent en ce moment 57 pour cent des revenus.

Bettman n'a pas voulu chiffrer l'augmentation de pourcentage qui serait accordée aux joueurs. Il a ajouté que dans le but de simplifier les choses, on ne changerait pas ce qui est considéré comme revenus liés au hockey, soit les revenus à partager entre les joueurs et la ligue, en vertu de la convention collective.

Selon une source, les joueurs mettraient la main sur 49 pour cent des revenus durant la première année, pour ensuite voir leur portion réduite à 47 pour cent au fil d'une entente de six ans.

Bettman et deux propriétaires, soit Jeremy Jacobs, des Bruins, et Murray Edwards, des Flames, ont formulé la proposition en réponse à une offre faite plus tôt dans la journée par les joueurs, qui contenait toutefois un ultimatum.

«Nous avons clairement établi lors de la présentation de cette offre qu'elle devait mener à la conclusion d'une entente d'ici le week-end», a mentionné Bettman, après une rencontre de près de trois heures, «et si un accord n'est pas conclu, alors ce que nous avons déposé sur la table sera retiré. Nous avons été très clairs à ce sujet.»

Le contrat de travail actuel se termine à minuit samedi, après quoi la LNH dit qu'elle va retirer l'offre et décréter un lock-out.

Plus tôt mercredi, Fehr avait dit que sa nouvelle proposition s'inscrivait dans la même lignée que la précédente, en ajoutant toutefois que les joueurs étaient ouverts à obtenir un pourcentage plus faible des revenus.

Il n'y avait pas eu d'échanges formels depuis le 31 août. Le commissaire adjoint de la ligue, Bill Daly, avait dit s'attendre à ce que les joueurs fassent part de leur agenda ou livrent un message, à défaut de faire une proposition.

Environ 300 joueurs se sont réunis mercredi. Le bureau des gouverneurs de la LNH tiendra de son côté une rencontre jeudi.

Le Québec à l'avant-scène

Au Québec, l'AJLNH et au moins 16 joueurs du CH ont déposé une application à la Commission des relations du travail, demandant que le possible lock-out soit déclaré illégal.

«Les joueurs ne veulent pas que la saison de hockey soit interrompue, a dit Fehr. Nous croyons qu'en vertu des lois québécoises le lock-out ne serait pas approprié et ne serait pas légal. En conséquence, nous suivons ce processus.

«Nous aimerions croire que c'est suffisamment consistant pour rejoindre les intérêts des amateurs, et éventuellement ceux des propriétaires.»

Lorsqu'il a été interrogé à savoir comment cela allait aider les 29 autres concessions, Fehr a riposté: «Une journée à la fois, un endroit à la fois.»

Il doit y avoir une audience à cet effet à 10h30 vendredi, mais Bettman dit que l'initiative se limite à une tactique.

«Nous ne croyons pas être sujets à la juridiction provinciale en matière de travail», a dit Bettman.

Au Québec, un employeur ne peut pas décréter un lock-out à moins que ses employés soient membres d'un syndicat reconnu par la Commission, ce qui n'est pas le cas avec l'AJLNH.

À ce stade-ci des négociations, on ignore comment les deux parties peuvent en venir à une entente d'ici 23h59 vendredi.

Fehr a répété sans arrêt que les joueurs voulaient poursuivre les pourparlers au-delà de samedi sans être placés en lock-out, mais a dit être conscient des conséquences si jamais une entente n'est pas conclue d'ici là.

«Il ne devrait pas y avoir de pourparlers dimanche, ou lundi, ou mardi, ou mercredi ou les jours suivants (avant l'ouverture des camps d'entraînement), a confié Fehr. «Nous considérons cette date limite comme étant inévitable, ils disent qu'elle est inévitable, et je suis prêt à croire Gary sur cet enjeu. Il n'y a pas de raison de ne pas le faire.

«Je voudrais juste rappeler à tout le monde qu'un lock-out est un choix — il n'est pas obligatoire.»

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