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Kenya: un vice-ministre inculpé d'incitation aux récentes tueries tribales (AFP)

12/09/2012 11:37 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Un vice-ministre kényan a été inculpé mercredi d'incitation à la violence pour son implication présumée dans les tueries à caractère tribal qui ont fait plus de cent morts depuis la mi-août dans le district rural de la Tana River, dans le sud-est du pays.

Dhadho Godhana, vice-ministre en charge de l'Elevage et député de ce district, a été laissé en liberté sous caution par le juge, après avoir plaidé non coupable, a constaté l'AFP.

Il est le premier responsable de ce niveau à être poursuivi pour ces violences sans précédent au Kenya depuis celles qui avaient suivi les élections générales de décembre 2007.

"Le député a été arrêté et il est interrogé à propos des violences, il comparaîtra dès que nous en aurons fini avec lui", avait auparavant indiqué à l'AFP un responsable policier sous couvert d'anonymat, sans donner plus de détails sur les faits qui reprochés à M. Godhana.

L'audience de l'affaire sur le fond a été fixée au 2 octobre.

Les forces de police locales ont été totalement dépassées par l'ampleur et la violence des raids entre deux communautés rivales de longue date dans cette région du Kenya, les Orma - essentiellement des éleveurs nomades - et les Pokomo - surtout des agriculteurs sédentaires.

Le président kényan Mwai Kibaki a fait savoir "qu'il avait décidé de faire arrêter les meneurs et les autres personnes qui ont incité (aux violences)". "Cela inclut ceux qui sont installés à Nairobi, dans la région de la Tana River et ailleurs, ainsi que ceux qui financent les violences", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Soucieux de montrer qu'il reprend la main, le gouvernement kényan a annoncé mercredi l'envoi sur place de la totalité de la promotion des forces spéciales de police (GSU) tout juste diplômée ce mercredi, soit au total plus d'un millier d'hommes.

"J'ai décidé d'envoyer tous ces officiers qui viennent d'être diplômés aujourd'hui dans la région de la Tana River pour y rétablir l'ordre, nous n'allons pas laisser ces criminels perpétrer ces meurtres insensés là-bas", a annoncé le chef de la police nationale, Mathew Iteere.

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