NOUVELLES

EXCLUSIF AFP - Le boycott islamiste du scrutin, une "erreur de calcul" (Abdallah II)

12/09/2012 06:55 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Le roi Abdallah II de Jordanie a jugé mercredi que le boycott du prochain scrutin était une "énorme erreur de calcul", promettant que le royaume hachémite sera doté d'un nouveau Parlement d'ici l'année prochaine, dans une interview exclusive à l'AFP.

"En tant que monarque constitutionnel (...) et dans le cadre de cette responsabilité, je m'adresse aux Frères musulmans pour leur dire qu'ils commettent une énorme erreur de calcul", a dit le souverain.

"Le compte à rebours pour les élections a déjà commencé. L'enregistrement est en cours. Nous avons déjà franchi le seuil d'un million de personnes" sur près de 3 millions d'électeurs potentiels, s'est félicité le roi.

"Le Parlement sera dissous. La date des élections sera annoncée. Et nous aurons un nouveau Parlement d'ici l'année prochaine", a-t-il assuré.

En juillet, les Frères musulmans, principale force d'opposition, avaient annoncé qu'ils boycotteraient les législatives anticipées pour protester contre l'absence de réformes de fond dans le royaume.

"Nous allons tenir des élections anticipées et aucun citoyen jordanien ne devrait être privé de son droit à s'enregistrer et à voter à cause d'une telle désinformation", a affirmé Abdallah II.

Estimant que le scrutin est une étape "fondamentale dans le processus des réformes et la marche vers la transition", il a souligné que "les élections détermineraient non seulement la composition du nouveau Parlement mais aussi celle du gouvernement".

Les islamistes et d'autres parties avaient menacé de boycotter les élections pour protester contre une nouvelle loi électorale, selon laquelle les électeurs devront choisir deux bulletins: un pour des candidats individuels dans leur gouvernorat et un pour les partis politiques ou coalitions au niveau national.

Mais seuls 27 sièges sont disputés par les candidats des partis politiques ou des coalitions, le reste étant attribué aux candidats non affiliés.

"Cette loi électorale n'est pas parfaite (...) Mais il n'y a pas un meilleur consensus sur une alternative. Ce qui est crucial est que nous continuons à avancer, et --écoutez-moi bien-- nous aurons un nouveau Parlement d'ici la nouvelle année", a dit Abdallah II.

"Je dis donc aux Frères musulmans, vous avez le choix: soit rester dans la rue soit aider à construire la nouvelle Jordanie démocratique".

akh/feb/hj

PLUS:afp