TORONTO (Canada), 12 sept 2012 (AFP) - Plusieurs films évoquant le conflit israélo-palestinien sont à l'affiche du festival du film de Toronto, dont un documentaire intitulé "Etat 194", une référence à l'éventuelle accession d'un Etat de Palestine à l'ONU, aux côtés des 193 membres actuels.

"Etat 194", coproduction "Israël/Palestine/USA", réalisé par Dan Setton, fait intervenir de nombreuses personnalités israéliennes ou palestiniennes, notamment le populaire Premier ministre palestinien Salam Fayyad, chargé par le président Mahmoud Abbas de la mise en place des fondements d'un futur Etat.

On assiste à de grandes manifestations dans plusieurs villes de Cisjordanie, notamment à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, dont les habitants réclament "l'unité" de tous les Palestiniens, ceux de Cisjordanie et ceux de Gaza.

Leur souhait est resté vain jusqu'à présent, Mahmoud Abbas et le Hamas, au pouvoir à Gaza, s'étant de nouveau, le 8 septembre, rejetés la responsabilité de l'échec de la réconciliation nationale.

Les images les plus poignantes du documentaire sont celles de deux pères, l'un israélien portant la kippa dont le fils, soldat kidnappé par le Hamas, a été exécuté de trois balles dans la tête, et l'autre palestinien, dont le fils a lui aussi été tué d'une balle dans la tête, par l'armée israélienne.

Devenus proches au sein d'une association oeuvrant pour la paix, tous deux se font un devoir de témoigner, notamment auprès des jeunes dans les lycées, d'une possible coexistence entre leurs deux peuples.

Deux autres films, des fictions cette fois, s'efforcent également de démontrer que cette coexistence est possible, si tant est que les individus le veuillent.

"Out in the dark" ("Alata" en hébreu), de Michael Mayer, tente sa démonstration à travers le prisme de l'homosexualité. Le film raconte l'amour que se portent Roy, jeune habitant de Tel-Aviv (Michael Aloni, convaincant dans son rôle de fringant avocat), et Nimr, étudiant palestinien, joué par un jeune et talentueux italo-arabe de Haïfa (nord d'Israël), Nicolas Jacob.

Un olivier en Galilée

Issu de la bourgeoisie aisée de Tel aviv, aux moeurs libérales, Roy n'a pas de problème pour faire accepter son homosexualité par ses parents. Les ennuis, il les a à l'extérieur, où la société israélienne, autant occidentale que moyen-orientale, n'est pas toujours aussi ouverte.

Pour le jeune Palestinien, qui finit par obtenir l'autorisation d'Israël d'étudier dans l'une de ses universités, la situation est autrement plus dramatique.

Apprenant ses préférences sexuelles, et sa relation avec "l'ennemi", sa famille le chasse de chez lui. Israël lui retire son permis de séjour, son frère aîné étant accusé d'activités terroristes. Mais son ami israélien l'aidera à s'enfuir par bateau, vers la France, quitte à se retrouver en butte aux autorités de son pays.

Le troisième film, intitulé "Zaytoun" ("olive" en arabe), d'Eran Riklis, est une jolie histoire racontant l'amitié qui unit, juste avant la guerre du Liban, un adolescent palestinien, Fahed, d'un camp de réfugiés de Beyrouth, à un pilote israélien, Yoni, après la chute de son avion.

Fait prisonnier par des Palestiniens après avoir sauté en parachute près de leur camp, Yoni réussira à s'échapper avec l'aide de Fahed, qui transporte partout avec lui un pied d'olivier qu'il rêve de planter dans le village d'origine de ses parents, en Galilée.

Tous deux gagneront Israël et finiront par retrouver le village des ancêtres de l'adolescent, où il plantera son arbre. L'histoire, interprétée avec finesse par Abdallah El Akal, d'un naturel impressionnant (l'adolescent) et l'Américain Stephen Dorff, vedette du film de Sofia Coppola, "Somewhere", en 2010 (le pilote), n'est pas très vraisemblable mais elle est belle. C'est là le mérite du film.