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Des excuses... 23 ans après

12/09/2012 12:29 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Le gouvernement britannique a présenté ses excuses aux victimes du drame du stade de Sheffield, qui avait fait 96 morts le 15 avril 1989. Soit 23 ans après...

Les familles des victimes ont pu, mercredi, avoir accès à 400 000 pages de documents officiels, jusque-là tenus secrets, concernant la tragédie. Un rapport accablant sur le travail de la police et des services médicaux d'urgence.

Dans la foulée, le premier ministre britannique David Cameron a présenté ses excuses pour ce qu'il a appelé une « double injustice »: la faillite des secours et la tentative policière d'incriminer les victimes.

« Je dois aujourd'hui, en tant que premier ministre, présenter des excuses aux familles de ces 96 personnes pour tout ce qu'elles ont enduré au cours des 23 dernières années », a affirmé David Cameron devant les Communes.

« Au nom du gouvernement et du pays tout entier, je veux dire que je suis profondément désolé de cette double injustice, qui est restée en l'état pendant si longtemps. »

Rappelons qu'avant un match de soccer entre Liverpool et Nottingham Forest, au stade de Hillsborough à Sheffield, 96 spectateurs, partisans de Liverpool, ont péri écrasés.

Les avocats des familles des victimes mettaient en cause directement la décision de la police de faire ouvrir une autre entrée que celle prévue pour les visiteurs, provoquant un mouvement de foule et une bousculade dans la tribune, où les spectateurs déjà entrés ont été comprimés contre les grillages.

« C'est pour ça que les familles se sont battues pendant 23 ans. Sans la vérité, on n'a pas pu faire notre deuil. Il y avait tromperie, on voulait la justice », a expliqué Margaret Aspinall, dont le fils de 18 ans, James, est mort ce jour-là.

En 1991, une première enquête avait conclu que les 96 personnes étaient mortes dans les 15 minutes qui avaient suivi la bousculade. Or, les documents révèlent que 41 d'entre elles auraient pu « potentiellement » survivre, car leurs fonctions vitales n'avaient pas été touchées.

De plus, les documents montrent que la police avait tenté à l'époque de se dédouaner de son errance en blâmant les spectateurs, et leurs comportements, pour expliquer la tragédie.

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