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Combats près de l'aéroport d'Alep, des Arméniens abattus

12/09/2012 05:53 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

De violents combats entre armée syrienne et rebelles ont éclaté mercredi aux abords de l'aéroport d'Alep, deuxième ville du pays où des Arméniens de Syrie de retour d'Erevan ont été abattus par des hommes armés.

Ces violences, qui ne donnent aucun signe de répit près de 18 mois après le début de la révolte qui a dégénéré en conflit sanglant, rendent encore plus difficile la mission du médiateur Lakhdar Brahimi, qui doit se rendre dans les "prochains jours" à Damas où il rencontrera le président Bachar al-Assad.

Mercredi, le régime pilonnait les bastions rebelles comme il le fait quotidiennement, notamment à Alep, la métropole du nord où les combats et les bombardements font rage depuis plus d'un mois et demi.

Ainsi, de violents affrontements ont éclaté à l'aube près de l'aéroport d'Alep, qui fonctionne toujours normalement, et plusieurs quartiers rebelles ont été bombardés par l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un large réseau de militants.

Dans cette ville multiconfessionnelle, quatre Syriens arméniens qui étaient de retour d'Erevan ont été abattus par des hommes armés sur la route de l'aéroport, ont affirmé à l'AFP leurs proches. Au moins 13 autres personnes du même groupe ont été blessés, selon la même source.

Ailleurs dans le pays, un petit garçon et une petite fille ont été tués dans le bombardement d'une localité rebelle de Hama (centre), où les bombardements de l'armée ont provoqué également des incendies dans plusieurs immeubles ainsi que dans la principale boulangerie.

Les rebelles, qui avaient annoncé mardi avoir unifié leurs forces militaires à Alep et dans sa région, ont par ailleurs attaqué plusieurs barrages dans la région d'Idleb (nord-ouest). "Plusieurs bataillons ont lancé des attaques à la roquette sur ces barrages", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Mardi, les violences avaient fait 138 morts --93 civils, 19 rebelles et 26 soldats à travers le pays, selon l'ONG.

Dans une nouvelle tentative de la la communauté internationale de parvenir à un compris en Syrie, le nouvel émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, M. Brahimi devra rencontrer, outre le président Assad, des "hauts responsables de l'opposition ainsi que des représentants de la société civile", lors de sa visite à Damas jeudi

M. Brahimi, qui avait jugé lundi sa mission "extrêmement difficile", devrait arriver à Damas ce jeudi, selon des diplomates onusiens.

Les violences depuis mars 2011 ont poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir le pays. Selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés qui se sont fait connaître auprès de l'organisation a dépassé 250.000 personnes, dont 85.197 en Jordanie, pays où s'étaient rendus mardi le chef du HCR Antonio Guterres et son émissaire Angelina Jolie.

"Nous encourageons la communauté internationale à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider ces réfugiés", a déclaré l'actrice au camp de Zaatari, en soulignant qu'"il y a beaucoup à faire".

Aucune issue au conflit n'est en vue, en particulier en raison des profondes divisions au sein de la communauté internationale entre ceux qui réclament un départ du pouvoir de M. Assad, Etats-Unis en tête, et ceux qui prônent un dialogue entre régime et opposition, parmi lesquels l'Iran, la Russie et la Chine.

L'Iran a proposé mardi d'inviter ses alliés irakien et vénézuélien dans le groupe de contact sur la Syrie proposé par l'Egypte, dont une première réunion a eu lieu lundi au Caire en présence de hauts responsables de l'Iran, de l'Egypte, de l'Arabie saoudite et de la Turquie --ces trois derniers pays réclamant aussi le départ de M. Assad.

La France a estimé de son côté que l'Iran devait d'abord se conformer à ses obligations internationales avant de s'impliquer dans une résolution de la crise.

La Russie a pour sa part proposé une conférence réunissant "tous les acteurs du conflit", représentant opposition, régime et différentes communautés.

La France a "favorisé un certain nombre d'opérations de défections", a en outre déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius au lendemain de l'annonce par le général Manaf Tlass, plus haut gradé à avoir fait défection, qu'il avait été exfiltré par les services secrets français.

bur-ram/hj

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