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Afrique du Sud: Malema s'adresse aux militaires et raille la hiérarchie

12/09/2012 10:11 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

L'ex-président de la Ligue de jeunesse de l'ANC Julius Malema a pu s'adresser comme prévu mercredi à des soldats, très peu nombreux, en se moquant de la haute hiérarchie militaire qui aurait mis les bases "en état d'alerte" pour interdire aux militaires de venir l'écouter.

"Mettre tous les camps en état d'alerte! Depuis quand les gens qui se rassemblent pour discuter leurs griefs sont-ils une menace pour la sécurité de l'Afrique du Sud démocratique?", a lancé le jeune tribun populiste, sarcastique.

Une radio sud-africaine avait annoncé dans la matinée une mise "en état d'alerte" des bases pour empêcher les soldats de se rendre à cette réunion, dans une salle de Lenasia, dans la banlieue de Johannesburg

Interrogé, le porte-parole de l'Armée Siphiwe Dlamini a cependant minimisé: "Nous avons seulement demandé aux officiers (...) de s'assurer que tout le monde est à son poste et continue sa tâche quotidienne normalement", a-t-il à l'AFP, estimant que l'expression "état d'alerte" était une extrapolation médiatique "très exagérée".

Le "meeting" de Malema, exclu de l'ANC du président Jacob Zuma, s'est déroulé devant à peine une trentaine de soldats mis à pied pour raisons disciplinaires et qui demandent leur réintégration depuis trois ans, en civil, et au moins autant de journalistes.

Malema, qui agite les mineurs grévistes qu'il rencontre depuis plusieurs semaines dans le pays, appelle régulièrement à "la révolution des mines".

Face aux soldats, il s'est montré très respectueux de l'ordre démocratique, en affirmant: "Nous n'aimons pas notre gouvernement, mais nous voulons le remplacer démocratiquement. Nous n'avons jamais conspiré."

"La discipline militaire ne signifie pas que vous devez restez muets lorsque les choses vont mal", a-t-il cependant lancé.

"Tout s'écroule, nous devons rebâtir la confiance", a-t-il poursuivi, à propos de la situation sociale: "Les gens n'ont pas de routes, pas d'eau potable, pas de travail, et ceux qui ont un travail sont traités comme des esclaves. Ce sont les symptômes d'une dictature!"

A l'annonce de ce meeting, le ministère de la Défense avait menacé les militaires de sanctions disciplinaires s'ils participaient à un rassemblement sans autorisation.

"Le souhait a été exprimé par Malema de rendre le secteur minier +ingouvernable+ et de saper l'économie. Le pays ne peut pas se permettre que la même instabilité gagne l'armée", avait déclaré la ministre de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula.

"Les forces nationales sud-africaines sont l'ultime ligne de défense de la souveraineté de ce pays. Nous ne pouvons pas permettre que quelqu'un joue au football politique avec cette institution", avait-elle ajouté.

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