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Afrique du Sud: Malema a l'intention de s'adresser aux soldats

12/09/2012 02:45 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

Le tribun populiste sud-africain Julius Malema, qui a pris fait et cause pour les mineurs en grève de Marikana, a annoncé son intention de tenir mercredi un meeting avec les forces armées, provoquant une vive réaction du ministère de la Défense.

"Je ne sais pas à quel titre M. Malema a l'intention de s'exprimer", a déclaré la ministre de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula à la radio SAFM, menaçant de sanctions les soldats qui participeraient à la rencontre.

Un proche lieutenant de Julius Malema, Floyd Shivambu, a annoncé que M. Malema allait s'adresser aux forces armées à Johannesburg et écouter les doléances des militaires concernant leurs salaires et la sécurité de l'emploi.

Le meeting est prévu à Lenasia près de Soweto, à proximité de deux importantes bases de l'armée de terre abritant chacune un millier de soldats du rang, dont celle de Doornkop. L'armée sud-africaine compte quelque 65.000 hommes.

"Un groupe de soldats mécontents ont demandé à Malema de venir pour donner de la publicité à leurs problèmes que le gouvernement refuse d'écouter depuis trois ans", a expliqué à l'AFP Pikkie Greeff, secrétaire national du syndicat des forces armées.

"La principale raison pour laquelle ils ont fait appel à Malema est que la chaîne de commandement refuse de traiter leurs plaintes et que personne ne les écoute", a-t-il ajouté, soulignant que les instances de dialogue créées par les autorités "n'avaient pas la confiance des hommes du rang".

"Le premier problème est l'écart entre le salaire des généraux payés au niveau d'un général américain et la troupe qui gagne 10 fois moins qu'un collègue étranger", a-t-il ajouté.

En outre, dit-il, "les militaires sont traités comme des intérimaires, recrutés pour des contrats de deux ans et non renouvelés pour prendre quelqu'un d'autre à la place".

Le ministère de la Défense a menacé les militaires de sanctions disciplinaires s'ils participaient à un rassemblement sans autorisation, dans un communiqué non disponible sur son site mais cité par The Times.

"Le souhait a été exprimé par Malema de rendre le secteur minier +ingouvernable+ et de saper l'économie. Le pays ne peut pas se permettre que la même instabilité gagne l'armée", a déclaré la ministre, citée par The Times.

"Les forces nationales de défense sud-africaines sont l'ultime ligne de défense de la souveraineté de ce pays. Nous ne pouvons pas permettre que quelqu'un joue au football politique avec cette institution", a-t-elle ajouté, selon la même source.

Le ministère a tort de réagir "par la menace et l'intimidation au lieu de s'asseoir et d'écouter ce que les soldats ont a dire", a réagi M. Greeff.

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