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Syrie: Paris a favorisé un certain nombre de défections (Fabius)

11/09/2012 11:29 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

La France a "favorisé un certain nombre d'opérations de défections" en Syrie, a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, confirmant que Paris avait notamment "aidé" le général Manaf Tlass à fuir son pays.

"Nous avons favorisé un certain nombre d'opérations de défections, nos services sont actifs", a déclaré M. Fabius lors d'une audition devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Le chef de la diplomatie française a en outre confirmé que les services français avaient aidé à exfiltrer en juillet le général Manaf Tlass, plus haut gradé syrien à avoir fait défection.

Le général Tlass "a souhaité gagner la France, et nous l'y avons aidé", a déclaré M. Fabius, qui a précisé avoir rencontré le général.

"Quand des personnes qui veulent lutter contre Bachar Al-Assad souhaitent quitter la Syrie, nous souhaitons les aider", a-t-il ajouté.

Fils du général Moustapha Tlass, un ex-ministre de la Défense et ami proche de l'ancien chef de l'Etat Hafez al-Assad, Manaf Tlass a fait partie de la "nomenklatura" syrienne et a été l'ami d'enfance de l'actuel président, Bachar al-Assad.

Lors de sa défection en juillet, il avait appelé à la "transition" dans son pays.

Evoquant l'aide française à l'opposition syrienne, M. Fabius a réitéré que Paris ne livrait pas d'armes. "Sur la question des armements, soyons tout à fait clairs: il nous a été demandé de livrer des armements qui permettraient de détruire des avions. Nous avons dit que nous respections l'embargo (européen) sur les armes", a-t-il souligné.

Il a également mis en avant l'incertitude sur les bénéficiaires de ces armes. "Les choses sont à ce point troublées qu'il est très difficile d'être sûr d'avoir en face de soi quelqu'un à qui on puisse les remettre sans que trois mois ou trois semaines plus tard nous retrouvions un avion français abattu par les mêmes armements", a-t-il fait valoir.

"En revanche, il y a des instruments de communications cryptées, plus des jumelles qui permettent de voir la nuit, plus telle ou telle série de matériel qui a pu être mise à disposition ou qui pourra l'être", a-t-il dit.

Paris a indiqué à plusieurs reprises ces dernières semaines que la France livrait des équipements non-létaux (ne pouvant tuer) à l'opposition syrienne.

cf/prh/de

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