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Silences et sobriété, 11 ans plus tard

11/09/2012 01:58 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Après les grandes cérémonies entourant la 10e commémoration des attentats du 11 septembre 2001, les Américains ont souligné plus sobrement aujourd'hui à New York, le 11e anniversaire de la tragédie.

La poussière retombe ainsi lentement autour de cet épisode douloureux de la mémoire collective américaine. Longtemps après que le cri des sirènes et le vacarme des écrasements aient déchiré la quiétude de cette matinée de septembre 2001, le calme et la sérénité semblent reprendre leurs droits.

Même les politiciens ont choisi le silence, après 10 ans de discours, pour honorer les quelque 3000 morts de cette journée tragique où deux avions ont détruit les tours du World Trade Center.

Les organisateurs des cérémonies publiques à New York ont tenu à préciser qu'aucun politicien ne prononcera de discours pour souligner cette journée qui a marqué le début du millénaire en plus d'ouvrir un nouveau chapitre des relations internationales.

« Nous avons fait ça pendant dix ans [prononcer des discours], il est temps de faire quelque chose d'autre », a déclaré le maire de New York, Michael Bloomberg, avant la cérémonie de commémoration. Le président Barack Obama et sa femme Michelle se sont recueillis en silence, tête baissée, dans les jardins de la Maison Blanche, à 8 h 46, heure à laquelle le premier avion s'encastrait dans une des tours jumelles du World Trade Center (WTC).

Les Américains ont répété le rituel de la minute de silence à quatre autres reprises:

  • 9 h 03 - heure à laquelle un avion heurtait la deuxième tour du WTC
  • 9 h 37 - heure à laquelle un appareil s'écrasait sur le Pentagone
  • 10 h 03 - heure à laquelle un avion s'écrasait dans un champ de la Pennsylvanie.
  • 10 h 28 - heure à laquelle la deuxième tour jumelle du WTC s'est effondrée
Sous un soleil radieux, qui rappelait la belle journée qui s'annonçait il y a 11 ans, des parents de victimes égrenaient la litanie des 2983 disparus de la journée tragique de 2001.

Réunis au monument commémoratif du WTC inauguré l'an dernier, ces Américains ont rappelé la mémoire de chacune des victimes de l'attentat du 11 septembre 2001 de même que celles du premier attentat contre le WTC survenu en 1993.

Pendant que le président Barack Obama se recueillait à la Maison-Blanche, son vice-président Joe Biden faisait de même à Shanksville, là où un avion s'est écrasé dans un champ. Des passagers ont résisté aux terroristes provoquant l'écrasement de l'avion dans une zone non habitée.

De son côté, l'ex-gouverneur du Massachusetts Mitt Romney a pris la parole devant l'Association de la Garde nationale en Pennsylvanie.

Trêve partielle dans la campagne

Les deux candidats à la présidentielle américaine Barack Obama et Mitt Romney observent une trêve de campagne à l'occasion du 11e anniversaire des attentats.

Bien que la mort d'Oussama ben Laden et la guerre en Afghanistan soient devenues des thèmes majeurs de la campagne électorale, les messages publicitaires du président sortant et de son adversaire républicain ne seront pas diffusés en cette journée de commémoration.

« Les deux équipes de campagne doivent se montrer très, très respectueuses et éviter de laisser l'impression d'exploiter une tragédie nationale à des fins politiques », explique l'ancien conseiller du président Bill Clinton et aujourd'hui membre de l'institut Brookings, Bill Galston.

Barack Obama creuse l'écart dans les intentions de vote

Alors que les deux candidats à l'élection présidentielle étaient au coude-à-coude avant la convention démocrate de la semaine dernière, Barack Obama creuse maintenant l'écart sur son adversaire républicain Mitt Romney dans les intentions de vote.

Des sondages Gallup et Rasmussen publiés lundi le créditent de cinq points d'avance et un troisième, de CNN/ORC, lui en donne un de plus. C'est la première fois depuis la mi-juillet qu'il y a un tel écart entre les deux hommes.

« À l'entame des 60 derniers jours de la campagne, le président a clairement creusé l'écart et c'est vrai aussi dans les États-clés. Mais Romney n'a qu'à faire bouger le compteur de quelques points pour revenir à hauteur », a précisé le spécialiste des sondages à l'Université de Quinnipiac, Peter Brown.

« La structure de base de la course [à la Maison-Blanche] n'a pas changé de façon significative. La réalité économique d'Obama va s'imposer d'elle-même », estime quant à lui le sondeur Neil Newhouse, dans une note reprise par le camp républicain.

Selon l'enquête menée par le réseau CNN, seulement 3 % de l'électorat n'a pas encore fait son choix ou soutient un autre candidat en vue du scrutin présidentiel du 6 novembre.

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