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Pas de rencontre Obama-Netanyahu, officiellement pour agendas incompatibles

11/09/2012 04:51 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

Le président Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne se rencontreront pas ce mois-ci malgré le souhait des Israéliens, la Maison Blanche invoquant mardi l'incompatibilité des programmes de responsables dont les relations sont notoirement tendues.

"Le président arrivera à New York pour (l'Assemblée générale de) l'ONU lundi 24 septembre, et en repartira le mardi 25. Le Premier ministre n'arrive à New York que plus tard dans la semaine", a expliqué à l'AFP le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Tommy Vietor.

Peu auparavant, un haut responsable israélien avait déclaré à l'AFP que la Maison Blanche avait décliné une demande israélienne de recevoir M. Netanyahu lors de la prochaine visite de ce dernier pour la réunion annuelle des chefs d'Etat et de gouvernement à New York.

"Pour le moment, la réponse a été que le calendrier très serré d'Obama ne permettait pas une telle rencontre", avait affirmé ce responsable sous couvert de l'anonymat.

Mais pour M. Vietor, MM. Obama et Netanyahu ne seront "tout simplement pas en ville au même moment". Il a précisé que "le président et le Premier ministre sont fréquemment en contact et le Premier ministre rencontrera d'autres hauts responsables (américains), dont la secrétaire (d'Etat Hillary) Clinton pendant sa visite" aux Etats-Unis.

Le quotidien israélien Haaretz a affirmé que M. Netanyahu était prêt à se rendre à Washington pour rencontrer M. Obama, mais que la Maison Blanche avait rejeté sa demande. Toutefois, un responsable américain s'exprimant sous couvert d'anonymat a insisté sur le fait que la partie israélienne n'avait pas requis une rencontre avec M. Obama dans la capitale fédérale, à moins d'une heure d'avion de New York.

Ces développements interviennent au moment où Israël et les Etats-Unis affichent de plus en plus ouvertement leurs divergences sur le dossier nucléaire iranien. Washington a opposé lundi une fin de non-recevoir aux demandes répétées de M. Netanyahu d'imposer à l'Iran une "ligne rouge claire" pour l'empêcher de se doter de l'arme nucléaire.

En réponse, M. Netanyahu a affirmé mardi que la communauté internationale ne pouvait pas demander à Israël d'attendre avant d'agir vis-à-vis de l'Iran si elle ne fixait pas de "lignes rouges" au régime de Téhéran.

"Le monde dit à Israël qu'il y a encore du temps. Moi je réponds: +du temps pour quoi? Du temps jusqu'à quand+?", a déclaré M. Netanyahu lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue bulgare Boïko Borissov à Jérusalem.

"Ceux dans la communauté internationale qui refusent de fixer des lignes rouges à l'Iran n'ont pas le droit moral d'imposer un feu rouge à Israël", a averti le Premier ministre israélien.

L'Iran est soupçonné par les grandes puissances et Israël de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie catégoriquement.

Dans ce dossier, M. Obama, en campagne électorale à un rythme très soutenu pour tenter de décrocher un second mandat de quatre ans le 6 novembre, est vivement critiqué par son adversaire républicain Mitt Romney, qui lui reproche d'avoir "laissé tomber" Israël en ne faisant pas preuve de suffisamment de fermeté face à Téhéran.

La Maison Blanche, tout en donnant des gages de son soutien "inébranlable" à la sécurité d'Israël, assure qu'elle sera en mesure de savoir si les Iraniens décident d'assembler une éventuelle bombe nucléaire.

MM. Obama et Netanyahu, qui s'étaient rencontrés à l'ONU en septembre 2011 et se sont vus pour la dernière fois à la Maison Blanche en mars dernier, entretiennent des relations tendues.

En mai 2011, par exemple, le Premier ministre avait infligé un camouflet à M. Obama dans son Bureau ovale et devant la presse, en rejetant la proposition du président de baser les frontières d'un futur Etat palestinien sur les lignes de 1967.

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