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Nouveaux bombardements à Alep, au coeur de la bataille en Syrie

11/09/2012 06:24 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

Les quartiers rebelles d'Alep, la grande ville du nord de la Syrie où se joue une bataille cruciale entre insurgés et forces gouvernementales, ont été la cible de violents bombardements mardi à l'aube.

Alors que le conflit entre dans quelques jours dans son 19e mois sans qu'aucune solution ne soit en vue, le nouvel émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, arrivé lundi au Caire, poursuivait ses entretiens dans la capitale égyptienne.

Il doit rencontrer dans la journée "des représentants de l'opposition syrienne ainsi que des militants et intellectuels syriens", a déclaré à l'AFP son porte-parole Ahmad Fawzi. Il en a déjà rencontré certains lundi. Concernant sa visite en Syrie, "elle doit avoir lieu dans quelques jours", a-t-il ajouté.

M. Brahimi a pris ses fonctions le 1er septembre et a succédé à Kofi Annan qui avait démissionné en août en raison du manque de soutien à ses efforts de la communauté internationale.

A Alep, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un réseau de militants et de témoins, a fait état de bombardements dans la nuit de lundi à mardi sur des quartiers rebelles comme Hanano, Chaar, Karm al-Mayssar et Haydriyé, dans l'est de la ville.

"Les rebelles ont tenté d'entrer durant trois jours à Midane (centre). Hier (lundi) vers 22H00 (19H00 GMT), l'armée a mené une opération et les a repoussés vers le nord, vers Boustane al-Bacha", a affirmé un habitant à l'AFP.

Mais "la ville est étonnamment calme en ce moment", a-t-il souligné mardi matin.

L'industrieuse Alep, deuxième ville de Syrie avec 2,5 millions d'habitants, est l'enjeu d'une bataille cruciale depuis le 20 juillet.

L'acheminement de l'eau potable a repris dans la métropole après la réparation de la principale canalisation détruite pendant le week-end. Les deux parties se sont accusées mutuellement d'être à l'origine de cette destruction.

Cependant, la pénurie se poursuivait dans le nord-est de la ville, notamment à Boustane al-Bacha, un quartier contrôlé part les rebelles.

Ailleurs dans le pays, au lendemain de la mort de 139 personnes dans les violences, des combats étaient signalés à Damas et dans les provinces de Deir Ezzor (est) et d'Idleb (nord-ouest).

Le conflit, déclenché en mars 2011 par un mouvement de contestation pacifique qui s'est militarisé face à la répression menée par le régime -décidé à en finir avec une rébellion qu'il assimile à du "terrorisme"- a fait plus de 27.000 morts, selon l'OSDH.

Les violences ont aussi poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir. Selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés syriens a dépassé 250.000 personnes, dont 85.197 en Jordanie, pays où se trouvaient mardi le chef du HCR, Antonio Guterres, et son émissaire spéciale, Angelina Jolie.

A son arrivée dans la nuit, l'actrice américaine, accompagnée de militaires jordaniens, a rencontré des familles récemment arrivées à la frontière jordanienne.

Outre les bombardements et combats entre les deux camps, les exactions commises de part et d'autres se multiplient.

Lundi, une vingtaine de soldats ont été exécutés sommairement par des rebelles à Alep.

"Ces soldats ont été capturés à la caserne Hanano (à Alep) vendredi ou samedi par les rebelles, puis ont été exécutés ailleurs. Leurs mains ont été ligotées et leurs yeux bandés", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Dans ce contexte tendu, M. Brahimi a de nouveau qualifié sa tâche de "très difficile" lundi en débutant sa mission de paix avec une rencontre avec le secrétaire général de la Ligue arabe et des entretiens avec le président égyptien Mohamed Morsi.

Mardi, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague devait également s'entretenir au Caire avec M. Morsi de la Syrie, a indiqué son ministère dans un communiqué.

La capitale égyptienne a aussi accueilli lundi une réunion préparatoire du groupe de contact sur la Syrie proposé par M. Morsi, en présence de hauts responsables du ministères des Affaires étrangères de l'Iran --fidèle allié de Damas-- de l'Egypte, de l'Arabie saoudite et de la Turquie --qui réclament le départ du pouvoir de Bachar al-Assad--.

La Russie pour sa part propose une conférence réunissant "tous les acteurs du conflit" syrien, représentants de l'opposition, du régime, et des différentes communautés, pour un règlement de la crise.

Moscou est, avec Pékin, un allié de poids de la Syrie et a déjà bloqué au Conseil de sécurité de l'ONU trois résolutions condamnant Damas.

bur-sw/cco

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