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Malema appelle à cinq jours de grève par mois dans les mines sud-africaines

11/09/2012 06:43 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

Le jeune tribun populiste Julius Malema a appelé mardi les mineurs d'Afrique du Sud à une grève nationale de cinq jours par mois jusqu'à l'obtention d'un salaire de 12.500 rands (1.200 euros), dans un discours aux ouvriers en grève d'une mine d'or des environs de Johannesburg.

"Les patrons blancs, s'ils n'accèdent pas à votre demande, nous allons faire grève cinq jours par mois jusqu'à ce que nous obtenions 12.500" rands, a-t-il lancé mardi devant quelques milliers de mineurs du site aurifère de KDC, exploité par le groupe Gold Fields près de Carletonville, à l'ouest de Johannesburg.

"La lutte de Marikana doit s'étendre à toutes les mines", a ajouté le jeune politicien, ancien leader de la Ligue de jeunesse de l'ANC, exclu du parti au pouvoir en avril en raison de ses positions outrancières.

"Vous devez rendre les mines ingouvernables!", a-t-il lancé.

La confédération syndicale Cosatu, alliée de l'ANC, a immédiatement condamné l'"appel irresponsable" de Malema.

"Il joue un jeu dangereux, en exploitant les émotions des travailleurs en colère. Cela ne peut qu'enflammer les tensions au sein de l'industrie minière, des flammes qu'il est bien incapable d'éteindre", a écrit dans un communiqué le Cosatu, dont la principale composante est le Syndicat national des mineurs (NUM), qu'a beaucoup attaqué le jeune tribun ces dernières semaines.

"Cela révèle que son objectif principal n'est pas les employeurs capitalistes, qui sont responsables des salaires faibles et des terribles conditions de travail des mineurs, mais leur syndicat", a-t-il ajouté.

"Le Cosatu appelle les travailleurs à ne pas se laisser utiliser comme un ballon de football politique, rester unis et forts, et concentrer leur colère contre leur véritable ennemi, les patrons miniers", a souligne la confédération syndicale, alors que l'ANC et ses alliés se déchirent à l'approche du congrès du parti, en décembre.

Julius Malema, très populaire parmi les grévistes, n'occupe formellement aucune fonction lui permettant de parler au nom des mineurs ou de décider d'une action.

La revendication de 12.500 rands par mois pour tous est à l'origine de la grève sauvage du site de platine de Marikana (nord). Le conflit a tourné au drame en août lorsque 44 hommes ont trouvé la mort, dont 34 abattus par la police le 16 août. Une journaliste de la radio d'informations 702 a indiqué mardi y avoir vu le cadavre d'une 45ème victime.

Depuis cette fusillade, Malema est sorti de l'anonymat politique où l'avait plongé son expulsion de l'ANC, et s'adresse régulièrement à des mineurs en grève, promettant de rendre "ingouvernable" le secteur minier sud-africain, poumon de l'économie nationale.

liu-cpb/gib

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