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L'ex-candidat à la présidentielle égyptienne Ahmad Chafic accusé de corruption

11/09/2012 02:03 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

La justice égyptienne a ordonné mardi l'arrestation d'Ahmad Chafic. Selon des sources judiciaires, le dernier premier ministre d'Hosni Moubarak et candidat défait à la présidentielle de juin dernier est soupçonné de corruption.

Les faits allégués remontent aux années 90. M. Chafic, qui présidait l'Association des jeunes officiers de l'armée de l'air, aurait vendu un terrain de 40 000 mètres carrés en dessous du prix du marché aux deux fils de l'ex-président, Alaa et Gamal Moubarak.

Les trois hommes, ainsi que quatre anciens généraux de l'armée égyptienne, doivent être traduits en justice relativement à cette affaire, instruite dans la foulée d'une plainte déposée par l'un des responsables du parti islamiste Wasat en mai dernier.

La comparution d'Ahmad Chafic est loin d'être assurée. Il vit actuellement aux Émirats arabes unis depuis sa défaite à la présidentielle. Il avait récolté près de 48,3 % des suffrages contre 51,7 % pour le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi.

Il avait dit à l'époque qu'il comptait revenir en Égypte pour fonder un parti politique.

Le bureau du procureur général a précisé qu'il n'y a pas de convention d'extradition entre l'Égypte et les Émirats arabes unis. Le procureur, Abdel Meguid Mahmoud, aurait cependant demandé à ce qu'il soit placé sur la liste des personnes recherchées par Interpol.

Les deux fils Moubarak sont cependant en détention préventive, malgré le fait qu'ils aient été acquittés au terme d'un premier procès pour corruption, parce qu'ils devaient être jugés pour d'autres affaires du même ordre.

Hosni Moubarak a pour sa part été condamné à la prison à vie pour ne pas avoir empêché le meurtre de manifestants lors des manifestations monstres qui ont mené à son départ en janvier et février 2011.

Ahmad Chafic, qui a aussi été chef de l'armée de l'air et ministre de l'Aviation civile pendant l'ère Moubarak, figurait depuis le mois dernier sur une liste de personnes pouvant être arrêtées, une mesure qu'il avait qualifiée de « politique » et qu'il jugeait « sans fondement juridique ».

Dans une entrevue accordée à la chaîne Skynews d'Abou Dhabi, il avait déclaré qu'il n'hésiterait pas à regagner son pays quand il jugerait cela « nécessaire ».

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