NOUVELLES

Les journalistes suèdois libérés d'Ethiopie se reposent dans un endroit secret (famille)

11/09/2012 04:31 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Deux journalistes suèdois libérés après quatorze mois de prison en Ethiopie se reposent dans un endroit tenu secret avant de rencontrer leur famille et les médias, ont déclaré mardi des proches.

Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a pour sa part révèlé avoir appris dès mai que les deux journalistes seraient libérés début septembre en réponse aux efforts de Stockholm.

Kjell Persson, le père de Johan Persson, a dit à l'agence suèdoise TT que son fils et l'autre journaliste, Martin Schibbye, avaient quitté Addis Abeba dans la nuit et prenaient du repos avant de regagner leur pays.

Il a ajouté avoir été en contact avec son fils mardi matin mais a refusé de dire où celui-ci se trouvait.

"Ils vont se reposer quelques jours pour commencer, ensuite il y aura une conférence de presse à (l'aéroport de Stockholm) d'Arlanda et nous y serons aussi", a-t-il dit, laissant entendre que les deux journalistes n'avaient pas encore regagné la Suède.

Selon une porte-parole des deux hommes, ils ont besoin de récupérer;

"Après quatorze mois dans une prison où il n'y a jamais de paix, d'obscurité ou de tranquillité, Johan et Martin ont demandé de souffler un peu. Ils veulent pouvoir manger, dormir, lire des informations sur la Suède et voir un médecin avant de rentrer chez eux et de rencontrer la presse et tous ceux qui les attendent", a déclaré Kjell Persson dans un communiqué.

"Ils se sont montrés forts pendant tout ce temps mais nous devons être prêts à une réaction une fois que la tension s'est relachée", a-t-elle dit à l'agence TT.

Martin Schibbye et Johan Persson ont recouvré la liberté lundi à la faveur d'une grace pour le nouvel an éthiopien. Ils ont quitté le pays dans la nuit de lundi à mardi.

Les deux journalistes indépendants avaient été appréhendés en juillet 2011 dans l'Ogaden aux côtés de rebelles après avoir pénétré illégalement dans cette région du sud-est de l'Ethiopie depuis la Somalie.

Ils avaient été condamnés à 11 ans de prison pour "soutien au terrorisme".

M. Bildt a été accusé à plusieurs reprises dans les médias suèdois de ne pas en faire assez pour la libération des journalistes, certains allant jusqu'à supputer que leurs investigations auraient pu lui nuire.

Mais dans son blog, le chef de la diplomatie décrit une série de rencontres que lui-même, le Premier ministre Fredrik Reinfeldt et l'ambassadeur de Suède à Addis Abeba Jens Odlander ont eues avec le chef du gouvernement éthiopien Meles Zenawi, mort brusquement le mois dernier.

Il ajoute que l'homme fort de l'Ethiopie l'avait informé le 10 mai que les journalistes seraient graciés mais ne seraient libérés qu'en septembre.

M. Bildt dit en avoir averti les deux Suédois lors d'une visite en prison le même jour.

"L'annonce de la mort du Premier ministre Meles Zenawi le 21 aout a bien sur été une source d'inquiètude. On ne pouvait ignorer leur risque d'un retard de leur libération", écrit-il.

Il explique avoir alors décidé de se rendre aux obsèques du dirigeant le 2 septembre à Addis Abeba où il s'est entretenu avec le Premier ministre par interim Hailemariam Desalegn.

"Plusieurs signaux positifs ont suivi mais ce n'est que samedi 8 septembre que l'ambassadeur Odlander a été officiellement informé" que l'engagement serait tenu.

Les journalistes enquêtaient en Ogaden sur les activités d'une société liée à la société suédoise Lundin Petroleum dont M. Bildt fut membre du conseil d'administration de 2000 à 2006, avant d'être nommé aux Affaires étrangères.

po/jlb/ej

PLUS:afp