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La victoire de Andy Murray est une fin parfaite dans l'été britannique

11/09/2012 11:46 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

LONDRES - Après l'excitation suscitée par les succès sportifs d'un été olympique, la Grande-Bretagne s'est réveillée, mardi, avec un autre exploit à célébrer. Après 76 ans d'attente, le pays compte enfin un champion en tournoi du Grand Chelem.

La victoire en cinq sets d'Andy Murray aux dépens de Novak Djokovic, en finale des Internationaux des États-Unis, s'est avéré une conclusion parfaite d'un été où un cycliste britannique a remporté le Tour de France et les athlètes britanniques ont raflé plusieurs médailles aux Jeux olympiques et paralympiques de Londres, par ailleurs couronnés de succès.

Après s'être incliné à ses quatre précédentes finales en Grand Chelem, Murray s'est imposé face à Djokovic, tenant du titre, 7-6 (10), 7-5, 2-6, 3-6, 6-2 après presque cinq heures de jeu. Il est ainsi devenu le premier Britannique à gagner une manche du Grand Chelem depuis les victoires de Fred Perry à Wimbledon et aux Internationaux des États-Unis en 1936.

Enfin, pour la Grande-Bretagne, la «malédiction Fred Perry» est brisée même si Murray ne comblera entièrement les attentes tant qu'il n'aura pas gagné à Wimbledon.

«Dieu merci, c'est fini. Dieu merci, nous pouvons laisser Fred Perry se reposer en paix. Merci à Dieu pour Andy Murray», a écrit le quotidien britannique The Guardian sur son site Web.

La consécration de Murray survient au fil d'une année où la Grande-Bretagne a connu ses meilleurs moments sportifs en une génération — ce qui coïncide avec les célébrations nationales du «jubilé de diamant» de la reine Elizabeth II.

Dans un message sur Twitter, le premier ministre David Cameron a déclaré qu'il était «ravi que Andy Murray poursuive l'été sportif en or en remportant les Internationaux des États-Unis. Une victoire vraiment super.»

L'été a pris son envol avec Bradley Wiggins qui est devenu le premier cycliste britannique à remporter le Tour de France. Puis ce fut les Jeux olympiques, où la Grande-Bretagne a enregistré sa meilleure performance en 104 ans avec une récolte de 29 médailles d'or (y compris la médaille d'or de Murray en simple messieurs) et 65 médailles en tout. La Grande-Bretagne a célébré la fermeture des Jeux paralympiques, dimanche, après avoir remporté 120 médailles, dont 34 d'or.

Plus d'un million de personnes se sont massées dans les rues de Londres, lundi, pour saluer les olympiens et paralympiens lors d'un défilé de deux heures pour marquer la fin des Jeux de 2012.

Quelques heures plus tard, alors que la majeure partie du pays était endormie, Murray est devenu le premier joueur masculin à remporter les Internationaux des États-Unis et l'or olympique la même année.

«Évidemment, les prévisions d'hier laissaient entendre que le bel été du sport britannique était terminé. Mais nous nous sommes réveillés avec un autre prix à célébrer», a commenté Cameron, à l'extérieur de sa résidence de Downing Street.

Cette victoire est survenue le jour même — le 10 septembre — où Perry avait remporté les Internationaux des États-Unis en 1936. Elle a également été acquise à la cinquième finale en Grand Chelem de Murray, suivant les traces de son entraîneur, Ivan Lendl, qui a perdu ses quatre premières finales en Grand Chelem avant de gagner huit autres titres majeurs.

Nulle part ailleurs l'impact de la victoire de Murray n'a été ressenti avec autant d'intensité que dans sa ville natale écossaise de Dunblane, une ville rendue célèbre par une fusillade survenue en 1996 où un homme armé a tué 16 enfants et leur professeur dans une école primaire.

Une foule bruyante d'environ 80 personnes s'est rassemblée dans le bar de l'Hôtel Dunblane pour suivre le match qui s'est terminé peu après 2h, heure britannique.

Murray a effectué l'essentiel de sa formation dans sa jeunesse à Barcelone, mais il reste farouchement attaché à ses racines écossaises. Deux autres Écossais célèbres — l'acteur Sean Connery et l'entraîneur de Manchester United Alex Ferguson — étaient parmi les amateurs présents à Flushing Meadows pour l'encourager.

«Maintenant champion olympique et des Internationaux des États-Unis, Andy est vraiment une légende du sport écossais et je suis certain que d'autres titres du Grand Chelem vont suivre», a dit le premier ministre écossais Alex Salmond.

Le match s'est terminé trop tard pour de nombreux journaux britanniques, mais la victoire de Murray a néanmoins été soulignée dans quelques éditions tardives.

«Le garçon qui fait l'histoire!» a titré le tabloïd Daily Mirror à sa une.

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