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La justice égyptienne ordonne l'arrestation de l'ex-Premier ministre Chafiq

11/09/2012 08:48 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

La justice égyptienne a ordonné mardi l'arrestation de l'ancien Premier ministre de Hosni Moubarak et candidat malheureux à la présidence Ahmad Chafiq pour qu'il soit traduit devant une cour pénale, a-t-on appris de source judiciaire.

M. Chafiq, qui se trouve aux Emirats arabes unis depuis son échec électoral en juin, est sous le coup d'une enquête pour corruption dans une affaire concernant une cession de terrain aux deux fils de l'ancien chef d'Etat, Alaa et Gamal Moubarak.

Ces deux derniers, qui se trouvent actuellement en détention préventive au Caire, vont eux aussi être traduits devant une cour pénale pour cette affaire, de même que quatre anciens généraux, a-t-on indiqué de même source.

M. Chafiq figure depuis le mois dernier sur une liste de personnes pouvant être arrêtées à leur entrée en Egypte ou interdites de quitter le territoire, une procédure que l'ex-candidat à la présidentielle a qualifiée de "politique".

Le procureur général Abdel Méguid Mahmoud a également demandé mardi à ce que des démarches soient entreprises pour que M. Chafiq soit placé sur la liste des personnes recherchées par Interpol, a-t-on appris auprès de ses services.

Le bureau du procureur a précisé qu'il n'y avait pas de convention d'extradition entre les Emirats et l'Egypte.

M. Chafiq, un ancien chef de l'armée de l'air, a été ministre de l'Aviation civile avant d'être nommé Premier ministre par Hosni Moubarak fin janvier 2011, dans les tout derniers jours de sa présidence.

Il s'était présenté à l'élection présidentielle contre l'islamiste Mohamed Morsi, remportant 48,3% des voix, au terme d'une campagne acharnée à l'issue longtemps indécise.

Peu après l'annonce de sa défaite, il s'était rendu au Emirats, faisant savoir qu'il comptait revenir en Egypte pour y fonder un parti politique.

M. Chafiq avait dénoncé le 30 août comme "politique" la mesure pouvant entraîner son arrestation à son retour sur le sol égyptien, estimant qu'elle n'a "aucun fondement juridique". Il avait aussi souligné, dans cette déclaration à la chaîne Skynews basée à Abou Dhabi, qu'il n'hésiterait pas à regagner son pays quand il jugerait cela "nécessaire".

L'affaire le visant concerne la vente à un prix supposé en dessous de celui du marché d'un vaste terrain appartenant à une association de pilotes militaires, dont M. Chafiq était le président, aux fils de l'ex-chef de l'Etat.

Ces accusations avaient surgi au cours de la campagne électorale de M. Chafiq, qui les avait démenties.

Alaa et Gamal ont été acquittés dans un premier procès pour corruption où leur père a pour sa part été condamné à la prison à vie pour le meurtre de manifestants lors du soulèvement contre son régime début 2011.

Ils ont toutefois été maintenus en détention en attendant un nouveau procès pour des affaires de corruption distinctes.

De nombreux responsables politiques ou hommes d'affaires proches du clan Moubarak -notamment de Gamal, autrefois héritier politique présumé de son père- ont été traduits en justice ou sont menacés de l'être depuis la chute du raïs en février 2011.

mon-cr/cco

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