NOUVELLES

Facilité à écraser : le gène qui gêne

11/09/2012 02:56 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Certaines personnes arrêtent de fumer avec beaucoup moins de difficultés que d'autres. Des chercheurs québécois de l'Université McGill ont découvert qu'un certain gène détermine la vulnérabilité au tabagisme.

Le chercheur Alain Daguer et ses collègues de l'Institut et hôpital neurologiques de Montréal associé à l'université expliquent que le cerveau de personnes ayant un métabolisme nicotinique rapide réagit davantage aux stimuli au tabagisme que celui de personnes ayant un métabolisme nicotinique lent.

D'autres travaux avaient déjà démontré qu'une réactivité plus importante aux stimuli au tabagisme se traduisait par un moindre taux de réussite à cesser de fumer.

Les présents résultats concernant le rôle du rythme du métabolisme nicotinique sur la réaction du cerveau à l'envie de fumer pourraient redéfinir les programmes de renoncement au tabac en fonction de la génétique de chaque individu.

Des stimuli au tabagisme, comme la vue de cigarettes ou de fumeurs, affectent le comportement tabagique et sont liés aux rechutes et à l'usage de la cigarette.

La recherche montre que le métabolisme de la nicotine, contrôlé par une enzyme du foie, influe aussi sur le comportement tabagique. Ainsi, des variations du gène qui code pour cette enzyme déterminent un rythme métabolique lent ou rapide et, donc, du niveau de nicotine dans le sang qui atteint le cerveau.

Quelques détails

Les chercheurs ont mesuré à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique le cerveau de fumeurs âgés de 18 à 35 ans qui consommaient de 5 à 25 cigarettes chaque jour depuis au moins deux ans.

La réaction dans le cerveau de personnes au métabolisme rapide était beaucoup plus grande à la vue de stimuli au tabagisme que celle de personnes au métabolisme lent. Les zones cérébrales touchées sont liées à la mémoire, à la motivation et à la récompense.

Le tabagisme tue environ 45 000 Canadiens par année, selon l'Association pulmonaire canadienne qui estime que ce nombre est plus élevé que la totalité des décès attribuables au sida, aux collisions de la route, aux suicides, aux meurtres, aux incendies et aux empoisonnements accidentels.

PLUS: