POLITIQUE

Enseignants: la loi ontarienne antigrève est adoptée; les syndicats bondissent

11/09/2012 03:11 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST
AP
General view of an empty classroom at St Mary Primary School in Nairobi, Kenya, Tuesday Sept. 6, 2011, because the national teacher strike. The chairman of the Kenya National Union of Teachers says 200,000 teachers in schools have started a strike to protest the diversion of funds meant to hire more teachers and ease classroom overcrowding, in a move expected to affect more than 10 million children.(AP Photo/Khalil Senosi)

TORONTO - Trois puissants syndicats d'enseignants de l'Ontario ont déclaré la guerre au gouvernement libéral minoritaire, mardi, après l'adoption d'une loi controversée qui leur retire le droit de grève.

Les deux plus importants syndicats, qui regroupent des enseignants du primaire et du secondaire, ont demandé à leurs membres d'exercer des moyens de pression pour dénoncer cette loi qualifiée de draconienne.

Ainsi, la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario exhorte ses membres à s'abstenir ce mercredi de toute activité volontaire, comme l'implication auprès d'équipes sportives.

De son côté, la Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario demande à ses membres de refuser de participer à toute réunion les lundis. Ces lundis de protestation ont été désignés les «McGuinty Mondays», du nom du premier ministre qui devra maintenant affronter la fureur d'anciens alliés qui l'ont aidé à se maintenir au pouvoir pendant neuf ans.

La section ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente quelque 55 000 employés de soutien comme des concierges et des secrétaires, s'oppose lui aussi à la loi.

Les libéraux et les conservateurs se sont associés pour assurer l'adoption du projet de loi, mardi midi, qui prendra effet après l'annonce de la sanction royale.

La loi impose aux enseignants de nouveaux contrats de travail de deux ans qui annulent les augmentations de salaires prévues et réduit les avantages sociaux, comme les congés de maladie. Le gouvernement a aussi le pouvoir, pour les deux prochaines années, d'interdire les grèves et les lockouts.

Furieux, les syndicats affirment que cette loi viole leurs droits constitutionnels et ont promis de la contester jusqu'en Cour suprême du Canada.

Le gouvernement libéral prétend que cette loi, qui a été adoptée par 82 voix contre 15, est essentielle pour aider la province à effacer son déficit budgétaire de 15 milliards $. Il a prévenu que d'autres employés du secteur public auront droit au même traitement si aucune entente ne peut être conclue grâce à la négociation.